Selon un récent rapport du Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), le Bénin s’impose comme l’un des pays affichant les meilleurs rendements cotonniers en Afrique de l’Ouest. Cette performance conforte la place stratégique du coton dans l’économie nationale, tout en posant avec acuité la question de la durabilité environnementale et sociale de la filière.
Légende : Culture de coton
Le Bénin s'est imposé comme le premier producteur de coton en Afrique de l'Ouest et sur le continent pour la campagne 2024-2025, avec une production attendue autour de 637 000 à 669 000 tonnes et des rendements élevés, dépassant les 1 190 kg/ha. Ce leadership, soutenu par des réformes structurantes depuis 2016, vise une production de 1 million de tonnes d'ici 2026, nécessitant une transition vers une agriculture plus durable et résiliente face aux aléas climatiques.
Pilier historique de l’agriculture béninoise, le coton représente une source majeure de revenus pour des centaines de milliers de producteurs et un levier important de croissance économique. L’augmentation des rendements observée ces dernières campagnes traduit les efforts consentis en matière d’organisation de la filière, d’accès aux intrants, d’encadrement technique et de diffusion de semences améliorées. Toutefois, cette dynamique de productivité s’accompagne de défis environnementaux qui appellent des réponses structurelles.
La culture intensive du coton reste en effet fortement dépendante des intrants chimiques, notamment les pesticides et les engrais de synthèse. Leur usage excessif expose les sols à une dégradation progressive, compromet la biodiversité et constitue un risque réel pour la santé des producteurs et des populations riveraines. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression accrue sur les ressources naturelles, la performance cotonnière ne peut être durable sans une transition vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement.
Conscientes de ces enjeux, les autorités béninoises et les acteurs de la filière amorcent progressivement une réflexion autour de l’agriculture durable. Des initiatives visant à promouvoir la gestion intégrée de la fertilité des sols, la réduction des produits phytosanitaires, l’adoption de techniques culturales résilientes et la diversification des systèmes de production émergent dans plusieurs zones cotonnières. L’objectif est clair : maintenir des rendements élevés tout en préservant les écosystèmes et les moyens de subsistance des communautés rurales.
Par ailleurs, la valorisation des résidus agricoles issus de la production cotonnière ouvre des perspectives intéressantes dans le domaine de l’énergie renouvelable. Les tiges et sous-produits du coton peuvent être exploités pour la production de biomasse-énergie, contribuant ainsi à la transition énergétique et à la réduction de la dépendance aux sources fossiles. Cette approche circulaire permettrait de créer de la valeur ajoutée tout en limitant l’impact environnemental de la filière.
Le leadership du Bénin en matière de rendement cotonnier constitue donc une opportunité stratégique pour repositionner la filière comme un modèle de développement durable en Afrique de l’Ouest. Il s’agit de concilier performance économique, protection de l’environnement et justice sociale, en intégrant pleinement les enjeux climatiques et énergétiques dans les politiques agricoles.
À l’heure où les exigences internationales en matière de durabilité se renforcent, la filière coton béninoise est appelée à franchir un nouveau cap. Celui d’une production compétitive, mais surtout responsable, capable de répondre aux défis environnementaux actuels et de contribuer durablement au développement économique et énergétique du pays.