FINANCEMENT CLIMATIQUE : Le Royaume-Uni prolonge une garantie d’un milliard de dollars pour soutenir la transition énergétique sud-africaine

Alors que l’Afrique du Sud fait face à des besoins colossaux pour réussir sa transition énergétique, le Royaume-Uni annonce la prolongation d’une garantie de dette climatique d’un milliard de dollars. Une décision stratégique, perçue comme un signal fort dans un contexte international marqué par le retrait de certains partenaires clés.

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En Afrique du Sud, le financement de la transition énergétique demeure un enjeu central, tant les défis sont considérables. Fortement dépendant du charbon pour sa production électrique, le pays doit concilier impératifs climatiques, sécurité énergétique et besoins croissants de sa population. Dans cette dynamique, le soutien des partenaires internationaux reste déterminant.

Jeudi 22 janvier, le Royaume-Uni a annoncé la prolongation de sa garantie de dette liée au climat, d’un montant de 1 milliard de dollars américains, en faveur de l’Afrique du Sud. Selon des déclarations de la Haute Commission britannique relayées par Bloomberg, cette décision vise à permettre aux autorités sud-africaines de mettre en œuvre le Municipal Utility Reform Project et de développer, dès cette année, d’autres projets d’infrastructures à faible émission de carbone.

Approuvée en 2023, cette garantie devait initialement expirer à la fin de l’année 2025, sans avoir encore été mobilisée. Elle s’inscrit dans la contribution globale d’environ 1,5 milliard d’euros (soit près de 1,76 milliard de dollars) du Royaume-Uni au Partenariat pour une transition énergétique juste (Just Energy Transition Partnership – JETP), conclu en 2021 lors de la COP26 à Glasgow. Ce cadre multilatéral associe l’Afrique du Sud à un Groupe de partenaires internationaux (GPI) réunissant notamment le Canada, la France, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Un soutien crucial dans un contexte tendu

Cette annonce intervient alors que l’Afrique du Sud a récemment perdu un soutien financier majeur : en mars 2025, les États-Unis ont retiré une enveloppe de 874 millions d’euros (environ 1 milliard de dollars) à la suite du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans ce contexte, la décision britannique apparaît comme un véritable soulagement pour les autorités sud-africaines, d’autant plus qu’elles négocient actuellement un prêt municipal de 400 millions de dollars avec la Banque africaine de développement (BAD), adossé à cette garantie.

Selon le Trésor national, ce prêt devrait servir à réduire les pertes en eau et en électricité et à moderniser les infrastructures dans quatre municipalités de la province de Mpumalanga, à l’est du pays. Cette région stratégique concentre une grande partie des mines de charbon et des centrales électriques sud-africaines.

Malgré les engagements pris, l’économie nationale reste largement dépendante du charbon, qui assure près de 75 % de la production d’électricité. Face à cette situation, les bailleurs de fonds internationaux et les organisations environnementales multiplient les appels en faveur d’une accélération de la transition énergétique. Les autorités sud-africaines reconnaissent l’urgence de cette mutation, tout en soulignant que son succès repose sur la mobilisation de financements massifs et durables.

Les estimations officielles évaluent le coût d’une transition énergétique juste à environ 74,2 milliards d’euros, soit plus de dix fois le montant initialement promis par le GPI dans le cadre du JETP. En attendant un engagement financier accru de la communauté internationale, Pretoria mise sur le secteur privé pour développer de nouvelles capacités de production, notamment via des producteurs indépendants d’électricité (IPP) engagés dans des projets solaires et éoliens.

Enfin, les autorités ont annoncé en octobre 2025 une révision du Plan intégré des ressources énergétiques (Integrated Resource Plan – IRP). Cette feuille de route, qui nécessitera un investissement estimé à 2 230 milliards de rands (environ 137,5 milliards de dollars), prévoit l’ajout de 105 000 MW de nouvelles capacités de production d’ici à 2039, réparties entre le nucléaire, le solaire photovoltaïque, l’éolien et les centrales à gaz. Un chantier de long terme, indispensable pour sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays tout en réduisant son empreinte carbone.


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