SÉNÉGAL : Vers la structuration d’une filière nationale de recyclage du photovoltaïque

Alors que le solaire s’impose comme un pilier du mix énergétique sénégalais, les autorités et leurs partenaires anticipent déjà la gestion de la fin de vie des équipements. Un projet pilote inédit vise à poser les bases d’une filière nationale de recyclage des technologies photovoltaïques.

Panneau solaire Légende : Panneau solaire

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans l’articulation entre transition énergétique et développement durable. Le mardi 14 janvier, l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), l’ONG ENDA ÉNERGIE et l’École polytechnique de Thiès (EPT) ont officialisé la signature d’une convention de partenariat destinée à concevoir et déployer un projet pilote consacré au recyclage et à la valorisation des équipements photovoltaïques.

Cette collaboration ambitionne de bâtir progressivement un écosystème national structuré autour de la recherche, de l’innovation, du contrôle qualité et du recyclage des technologies solaires. Au cœur du dispositif figure la mise en place d’un laboratoire de caractérisation et de test des équipements photovoltaïques — panneaux, régulateurs, onduleurs et batteries — afin de vérifier leur conformité aux normes internationales et d’améliorer la qualité et la durabilité du parc solaire national.

Parallèlement, le projet prévoit la création d’une unité pilote de recyclage. Celle-ci permettra d’expérimenter des solutions industrielles adaptées au contexte sénégalais et de poser les jalons d’une filière locale de valorisation des déchets issus du solaire, encore inexistante à ce jour.

Selon les partenaires, l’initiative répond à un enjeu croissant : l’augmentation attendue des déchets photovoltaïques, estimés à plus de 22 000 tonnes d’ici à 2040. Au-delà de l’aspect technologique, le programme adopte une approche globale intégrant le renforcement des capacités humaines, le transfert de compétences et l’accompagnement à l’élaboration de cadres réglementaires et normatifs, avec un accent particulier sur la formation.

Ce partenariat s’inscrit dans un contexte où le Sénégal accélère résolument le développement des énergies renouvelables pour soutenir l’accès à l’électricité et honorer ses engagements climatiques. Le pays ambitionne l’accès universel à l’électricité dès 2029, contre 84 % actuellement, et vise à porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique, tout en augmentant significativement sa capacité de production installée à l’horizon 2030.

Cette dynamique se traduit déjà sur le terrain. Dans le sud du pays, le projet NEA Kolda illustre cette montée en puissance, avec la combinaison d’une centrale solaire de 60 MW et d’un système de stockage par batteries de 72 MWh, dont les travaux ont été lancés en mai 2025. Une trajectoire qui renforce l’urgence de penser, dès aujourd’hui, l’après-vie des équipements solaires.


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