Après plus de trente ans d’interruption, le Bénin s’apprête à renouer avec la production pétrolière offshore. L’exploitation du champ de Sèmè, situé dans le bloc 1 au large des côtes béninoises, devrait officiellement redémarrer d’ici la fin janvier 2026, marquant une étape historique pour le secteur énergétique national. L’annonce a été faite par Rex International Holding Limited, groupe basé à Singapour et propriétaire indirect de l’opérateur Akrake Petroleum.
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Il s’agira de la première production pétrolière du champ réaménagé depuis sa fermeture en 1998, date à laquelle l’exploitation avait été interrompue après avoir livré environ 22 millions de barils de pétrole. Cette reprise intervient dans un contexte régional marqué par un regain d’intérêt pour les ressources énergétiques offshore en Afrique de l’Ouest.
Selon les informations communiquées, Akrake Petroleum prévoit de lancer la production une fois le forage du puits AK-2H achevé dans la section du réservoir. Le début effectif des opérations de forage est attendu au cours de la semaine, ouvrant ainsi la voie à la phase de production commerciale.
En parallèle, les infrastructures nécessaires sont déjà opérationnelles. L’unité mobile de production offshore (MOPU) Stella Energy 1, ainsi que l’unité flottante de stockage et de déchargement (FSO) Kristina, ont été entièrement modernisées, positionnées en mer et déclarées prêtes pour l’exploitation. Ces équipements constituent des maillons essentiels de la chaîne de production, de stockage et d’exportation du brut.
Le redéveloppement du champ de Sèmè s’inscrit dans un programme de travaux de 100 jours, portant sur trois puits, lancé en août 2025 avec le forage du premier puits. Initialement, les prévisions tablaient sur une reprise de la production avant la fin de l’année 2025. Toutefois, des difficultés techniques rencontrées lors du forage ont entraîné un report du calendrier à janvier 2026.
Au-delà de l’enjeu national, cette relance s’inscrit dans une dynamique énergétique régionale plus large. L’Afrique de l’Ouest fait l’objet d’une attention accrue de la part des grandes puissances énergétiques internationales. Le Nigeria, voisin immédiat du Bénin et premier producteur africain de pétrole, membre de l’OPEP, prévoit d’augmenter significativement sa production de pétrole et de gaz dans les années à venir.
Par ailleurs, d’importants projets structurants voient le jour dans la sous-région. En 2025, le groupe BP a chargé la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) destinée à l’exportation dans le cadre de la phase 1 du projet Greater Tortue Ahmeyim, situé à la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal. Plus au sud du continent, l’Angola et la Namibie attirent également l’intérêt croissant des grandes compagnies pétrolières. Pour le Bénin, la reprise de la production pétrolière offshore représente à la fois une opportunité économique, un enjeu stratégique et un défi de gouvernance, dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique. Elle pose, plus que jamais, la question de l’équilibre entre exploitation des ressources fossiles, développement national et engagements climatiques.