VOL DE CÂBLES ÉLECTRIQUES À GLO-DJIGBÉ : Un crime aux lourdes conséquences écologiques

Le démantèlement d’un réseau de vol de câbles électriques en cuivre dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) ne révèle pas seulement une atteinte aux infrastructures. Ces pratiques alimentent une chaîne de dégradations environnementales, exposant l’air, les sols et les populations à des risques sanitaires durables.

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L’arrestation de cinq individus impliqués dans le vol et le recel de câbles électriques au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé, le 12 janvier 2026, met en lumière une problématique environnementale souvent reléguée au second plan. Derrière l’acte délictueux se cache une série d’impacts écologiques significatifs, aux effets parfois irréversibles sur l’environnement et la santé publique.

Les faits ont été découverts aux environs de 7 heures du matin, lorsqu’un agent de sécurité a surpris un employé en possession de deux rouleaux de câbles électriques d’environ 70 mètres chacun. L’interpellation de ce dernier a permis de remonter jusqu’à un réseau structuré, opérant entre la GDIZ, Zè et Abomey-Calavi. Si l’enquête judiciaire suit son cours, les implications environnementales de ce trafic interpellent déjà les autorités et les acteurs de la protection de l’environnement.

Le vol de câbles électriques provoque d’importantes dégradations des installations industrielles. Les coupures d’électricité qu’il entraîne perturbent le fonctionnement normal des usines, obligeant souvent les entreprises à recourir à des groupes électrogènes alimentés au diesel. Cette solution de secours, largement utilisée en cas d’instabilité du réseau, contribue à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, à la pollution de l’air et à la dégradation de la qualité de vie des travailleurs et des populations riveraines.

À cela s’ajoute le problème du recyclage illégal du cuivre. Pour extraire le métal, les câbles volés sont fréquemment brûlés à l’air libre afin d’éliminer les gaines plastiques. Ce procédé rudimentaire libère des substances hautement toxiques, notamment des dioxines et des fumées chargées de métaux lourds. Ces polluants se déposent dans les sols, contaminent les eaux et pénètrent la chaîne alimentaire, représentant un danger sérieux pour la santé humaine et la biodiversité locale.

Les zones périphériques à la GDIZ, souvent proches d’habitations et de terres agricoles, sont particulièrement exposées à ces pratiques. L’inhalation des fumées toxiques accroît les risques de maladies respiratoires, tandis que la pollution des sols compromet la fertilité des terres et la sécurité alimentaire à long terme.

Au-delà des dégâts immédiats, ces vols fragilisent la transition vers une industrialisation plus durable. La détérioration répétée des infrastructures électriques entraîne une consommation accrue de ressources pour les réparations et la reconstruction, augmentant ainsi l’empreinte écologique des activités industrielles.

Face à ces enjeux, le démantèlement du réseau par la Police républicaine constitue une étape importante. Toutefois, la lutte contre le vol de câbles électriques nécessite également des actions de prévention environnementale, une surveillance renforcée des filières de recyclage et une sensibilisation accrue aux conséquences écologiques de ces actes. Protéger les infrastructures, c’est aussi préserver l’environnement et la santé des générations futures.


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