Annoncée comme imminente, la reprise de la production pétrolière sur le champ offshore de Sèmè, au large des côtes béninoises, connaît un nouveau contretemps. Des contraintes techniques rencontrées lors des opérations de forage retardent le calendrier initial, repoussant les espoirs d’un retour rapide du Bénin parmi les pays producteurs de pétrole
Légende : Champ de Pétrole de Sèmè
La relance de la production pétrolière sur le champ offshore de Sèmè ne se fera pas dans les délais prévus. Initialement attendue avant la fin de l’année 2025, l’entrée en production est désormais reportée en raison d’obstacles techniques survenus au cours des opérations de forage. L’information a été révélée le lundi 29 décembre par le média spécialisé Upstream Online, citant des sources proches du projet.
Relancée en août 2025 après vingt-sept années d’arrêt, la campagne de forage devait marquer le retour du Bénin sur la scène pétrolière internationale. Toutefois, l’exécution des travaux s’est heurtée à plusieurs contraintes techniques, notamment liées aux performances des équipements déployés et aux conditions opérationnelles sur le site offshore. Si les détails précis de ces difficultés n’ont pas été rendus publics, elles sont jugées suffisamment importantes pour retarder le démarrage de la production commerciale.
Le champ de Sèmè, découvert à la fin des années 1960 par la compagnie américaine Union Oil, avait été développé dans les années 1980 par la société norvégienne Saga Petroleum. Entre 1982 et 1998, il avait produit environ 22 millions de barils de pétrole avant l’arrêt des activités, dans un contexte marqué par la chute des cours mondiaux et une rentabilité devenue insuffisante. Depuis lors, le site était resté en sommeil, jusqu’au lancement du projet actuel de redéveloppement.
Ce projet est opéré par Akrake Petroleum, filiale de Lime Petroleum, contrôlée par le groupe Rex International. L’opérateur détient 76 % des parts, aux côtés de l’État béninois (15 %) et du partenaire local Octogone Trading (9 %). Le plan de développement prévoit le forage de trois puits — deux puits horizontaux de production et un puits d’évaluation — ainsi que l’installation d’une unité mobile de production offshore (MOPU) et d’une unité flottante de stockage et de déchargement (FSO).
Avant l’apparition des difficultés techniques, la production cible était estimée entre 15 000 et 16 000 barils par jour, un volume susceptible de générer des recettes significatives pour le Bénin, engagé dans une stratégie de diversification de son économie. À ce stade, aucun nouveau calendrier n’a été communiqué. La poursuite du projet dépendra désormais de la capacité de l’opérateur à lever ces contraintes, illustrant les défis inhérents au redéveloppement de champs pétroliers offshore matures.