Face à la montée des extrêmes climatiques, le Sahel reçoit un nouveau soutien de taille. Le Fonds africain de développement, via son Guichet d’action climatique, accorde plus de 14,64 millions de dollars pour renforcer l’adaptation environnementale des communautés locales. Au cœur du programme : la création de “villages climato-intelligents”, l’amélioration des semences résilientes et la modernisation des systèmes de données climatiques. Une initiative qui vise à protéger les écosystèmes, garantir la sécurité alimentaire et préparer les populations aux chocs futurs.
Légende : Résilience environnementale
Le Sahel est aujourd’hui l’une des régions les plus vulnérables du continent face aux sécheresses prolongées, à la dégradation des sols, à la baisse des ressources en eau et à l’irrégularité des pluies. Le don de 14,64 millions de dollars accordé le 21 novembre 2025 s’inscrit ainsi dans une stratégie ambitieuse : renforcer la résilience écologique de communautés durement frappées par le changement climatique.
Ce financement additionnel vient soutenir le Projet 2 du Programme de Renforcement de la Résilience à l’Insécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Sahel (P2-P2RS). Il s’agit d’un levier majeur pour moderniser les pratiques agricoles, restaurer les terres dégradées et protéger les ressources naturelles.
Les villages climato-intelligents : un modèle d’adaptation durable
Au cœur du projet, la BAD encourage l’installation de 60 villages climato-intelligents, un concept qui combine infrastructures hydroagricoles, diversification agricole, technologies de conservation de l’eau et gestion durable des terres. Ces villages serviront de laboratoires d’innovation environnementale pour : réduire la pression sur les sols, sécuriser la production agricole, conserver les ressources en eau et promouvoir une agriculture résiliente et respectueuse de l’écosystème. Cette approche vise à transformer les communautés rurales en acteurs actifs de la lutte contre le changement climatique.
Par ailleurs, l’appui au système semencier constitue un autre pilier de la stratégie environnementale. Le financement permettra la diffusion de variétés résistantes à la sécheresse, la mise à jour du catalogue régional des espèces, le renforcement des capacités des centres de recherche agricole, la multiplication locale de semences maraîchères productives, avec un accent particulier sur l’autonomisation des femmes et des jeunes, souvent en première ligne face aux dérèglements climatiques.
Des données climatiques en temps réel pour une meilleure anticipation
Ainsi, pour mieux répondre aux crises environnementales, la BAD mise aussi sur la technologie. Le projet financera : une plateforme numérique intégrée pour la collecte et la gestion de données climatiques, un réseau d’observation renforcé, un système régional de suivi des pertes et dommages liés aux catastrophes, des outils pour comprendre, anticiper et atténuer les risques climatiques. Une stratégie cruciale dans une région où la moindre variation climatique peut provoquer érosion, famine ou déplacements de population.
En soutenant 30 communes sahéliennes, ce don représente bien plus qu’un simple financement : c’est un investissement environnemental stratégique. Il s’agit de donner aux populations les moyens de s’adapter, de protéger leurs terres et de garantir la sécurité alimentaire de millions de personnes. Avec ce programme, le Sahel fait un pas important vers un futur où l’homme et l’environnement cohabitent de manière plus durable et plus résiliente.