CREATION D'UN INSTITUT UNIVERSITAIRE D'ENSEIGNEMENT POLYTECHNIQUE : Une mission d'expertise France au Bénin pour des études de faisabilité.

Dans l’optique de renforcer la formation technique et professionnelle dans plusieurs secteurs notamment le secteur de l’énergie et singulièrement le sous-secteur des énergies renouvelables pour un développement durable, une délégation d'Experts français présente au Bénin ont tenu une séance d’échange avec les acteurs du sous-secteur susmentionné pour évaluer les modalités de création d'un Institut universitaire d'enseignement polytechnique. La séance s’est déroulée au siège de la Société Impact Plus à Cotonou. Reçue en entretien Anne Floquet, Directrice Générale du Centre Universitaire d'Enseignement Professionnel sur les grands axes élucidés au cours de la réunion.

@DSG media  Anne Floquet Légende : @DSG media Anne Floquet

1-   Veuillez-vous présenter s’il vous plait !

Je m'appelle Anne Floquet, Ingénieure agronome et Enseignante en agroéconomie. Je suis la Directrice Générale du Centre Universitaire d'Enseignement Professionnel (CueP).

2-   Pouvez-vous décrire un plus, à nos chers lecteurs, la/les mission (s) du CueP?

Le Centre Universitaire d'Enseignement Professionnel est une structure sous tutelle du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; il a pour mission de développer des formations professionnelles de niveau Bac+2 dans des métiers qui demandent beaucoup de compétences pratiques et entrepreneuriales. Et parmi ces compétences pratiques qui nous ont été confiées, il y a les compétences liées aux métiers de l'énergie. Alors nous sommes dans un processus actuellement de développement du plan stratégique du CueP. Et pour cela, une équipe de consultants est venue avec l'appui de l'Agence française de développement.

3-   Quel est l'objectif de la séance d'aujourd'hui ?

En effet, on a réuni toute une équipe de spécialistes de l'énergie et des professionnels du secteur privé du domaine des énergies renouvelables pour voir la pertinence d'une formation Bac+2. Il est clair qu’au cours de la séance nous avons débattu des métiers du photovoltaïque, un domaine en forte expansion au Bénin pour lequel les entreprises du secteur en particulier celles qui sont chargées de l'exploitation, du montage, de la maintenance ont des difficultés à trouver des techniciens opérationnels ; et cela les amène pour l'instant à consacrer par mal d'énergie à la formation de leur personnel avant toute activité sur le terrain. Et donc d'une manière ou d’une autre, elles seront très contentes si elles pouvaient trouver des gens déjà prêts à l'emploi. Dans le même temps, il y a aussi des besoins de formation continue qui ont été exprimés. Voilà en gros les deux directions qui nous ont été proposées. En résumé, il faut nécessaire de faire de la formation diplômante (formation Bac+2) de même que la formation continue pour leur performance qui permettrait donc de suivre les évolutions des marchés dont les technologies sont en évolution rapide. L'autre aspect souligné est qu’il est assez difficile pour ces entreprises de trouver du personnel pour des chantiers qui sont au Nord du pays et donc l’assemblée a suggéré qu’on installe l'école (le centre) au Nord. Au Sud, ont-ils déclaré, il y a pas mal de structures qu'elles soient publiques ou privées qui s'investissent déjà dans la formation et qui couvrent le besoin. Il aura tout intérêt à positionner notre 1er Institut dans la partie Nord du pays selon les discussions menées.

4-   Y-a-t-il des critères de sélection des apprenants désireux de se faire former ?

Je ne peux pas encore vous dire si on mettra une barrière pour avoir certains types de Bac, par exemple les Bac techniques ou professionnels ou si au contraire on aura une politique de recrutement plus large. C'est quand même une formation qui sera à 70% pratique. Donc en le faisant, on met l’apprenant dans une situation professionnelle et on lui donne les compétences au fur et à mesure. A priori, ce n’est pas parce qu’on n’est pas fort en maths, qu’on ne peut pas avoir accès à cette formation. Si les étudiants ont de déficit de formation en maths, alors on essaiera de les combler. L'idée ce n’est pas d'avoir une école des élites ou bien une école des matheux, non ! Mais c'est d'avoir une école des gens qui ont des compétences de base qui sont aussi débrouillards et qui savent analyser une situation pour que quand ils seront sur le chantier, quels que soient le problème qui se pose, ils puissent le repérer et le traiter comme ça se fait normalement dans ce domaine photovoltaïque.

5-   Quelle est la prochaine étape après celle de ce jour ?

On est encore dans une phase d'étude et on est à l'étape d'élaboration du plan stratégique. Donc on a encore un long chemin à faire. Une fois qu'on aura statué sur l'importance ou le bien-fondé de la mise en place d'un centre de formation en énergies renouvelables dans les années qui suivent, nous allons écrire un document précisant les métiers et là, je ne suis pas là bonne personne pour le faire. Nous avons des spécialistes dans l'équipe ayant les compétences requises pour mener à bien cette étude. Ces derniers vont mieux décrire les profils de métiers adéquats ; ensuite, on soumettra l'ensemble du plan stratégique qui concerne le secteur de l'énergie et beaucoup d'autres secteurs comme l'agriculture et l'agroalimentaire, le tourisme, le numérique, le textile, etc aux autorités. Et ce travail sera conduit par un comité de pilotage constitué des décideurs des ministères et du secteur privé qui vont déjà donner un avis qui sera beaucoup plus politique sur le document. Pour finir, il faut noter que les plans stratégiques des ministères ou des entreprises publiques passeront et seront validés en Conseil des ministres. Donc vous voyez clairement qu’on a encore tout un chemin à faire. Cependant on espère qu'avant la fin de l'année le processus soit bouclé. Et une fois qu'il sera bouclé, on aura l'autorisation de démarrer le travail de recherche de financement extérieur probablement pour la construction de l'institut et ses équipements puis en parallèle pour développer l'ingénierie destinée à ce secteur de formation. Dans le meilleur des cas, ça démarrera dans la période 2025-2026 pour éventuellement une ouverture en 2027. C'est dans ces créneaux qu'on pourrait se situer de façon globale.

6- Votre mot de fin !

La séance de travail de ce jour avec les entreprises des secteurs pour lesquels on développe des formations c’était très intéressante. Ici on a fait un secteur où les entreprises privées sont très demandeuses et très proactives. J'espère qu'on aura le soutien, la contribution pas forcément financière mais la contribution technique en transfert de compétences aussi de ces entreprises privées. Ce serait un atout pour le secteur de l’énergie du Bénin. Je vous remercie !

Propos recueillis et transcrits par Yélian Martine AWELE


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