Alors que le monde s'engage de plus en plus dans une transition énergétique vers des sources plus propres, certains pays africains poursuivent ou relancent des projets autour du charbon. C'est le cas notamment de la Zambie et du Zimbabwe, dont les décisions interrogent dans un contexte global de lutte contre le réchauffement climatique.
Selon le rapport "Boom and Bust Coal 2025" publié par Global Energy Monitor, l'année 2024 a enregistré seulement 44 GW de nouvelles capacités au charbon installées à l'échelle mondiale — le niveau le plus bas depuis deux décennies. En dehors de la Chine, la capacité mondiale a même diminué de 9,2 GW. Tandis que les grandes puissances abandonnent progressivement ce combustible fossile, la Zambie et le Zimbabwe réinvestissent dans des centrales au charbon, souvent avec le soutien de financements internationaux, notamment chinois.
Ces choix se font alors que, depuis 2015, les projets charbonniers hors Chine et Inde ont chuté de plus de 80 %, passant de 445 GW à 80 GW. Dans les pays de l'OCDE, le nombre de projets est passé de 142 à seulement 5. Des régions comme l'Asie du Sud-Est amorcent aussi une sortie progressive du charbon, à l'image de l'Indonésie et de la Malaisie.
Dans ce contexte, la relance du charbon en Afrique australe suscite des interrogations. Elle expose ces pays à des risques environnementaux et financiers, alors que les énergies renouvelables deviennent plus compétitives et que les exigences internationales en matière de climat se renforcent.
Un appel à la vigilance et à la diversification
Face à ces défis, il est crucial que les pays africains prennent en compte les implications à long terme de leurs choix énergétiques. S'engager davantage dans le développement des énergies renouvelables, renforcer les partenariats technologiques et financiers durables, et anticiper les évolutions du marché mondial sont des pistes pour concilier développement économique et responsabilité environnementale. Le moment est venu de faire des choix stratégiques en faveur d'une transition énergétique juste et durable pour le continent.