Environnement : La diminution inquiétante de la couverture nuageuse terrestre

Le samedi 29 Mars marque la quatrième « Journée internationale des nuages », une initiative lancée en 2022 par l'écrivain français Mathieu Simonet. Son objectif : sensibiliser le public à l'importance des nuages et encourager leur reconnaissance en tant que patrimoine mondial de l'Unesco.

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Dans un contexte de changement climatique, ces formations atmosphériques et l'eau qu'elles contiennent deviennent un enjeu majeur, notamment parce que les scientifiques constatent depuis plusieurs années une diminution progressive de la couverture nuageuse sur Terre.

Depuis au moins une décennie, les données satellitaires de la NASA indiquent une baisse constante du taux de nuages, en particulier au-dessus de l'Atlantique et des régions tropicales. Ce phénomène concerne principalement les nuages bas, qui jouent un rôle crucial dans la régulation thermique de la planète, comme l'explique le climatologue Robert Vautard.

« Les nuages bas réfléchissent une partie du rayonnement solaire. Lorsqu'ils se raréfient, davantage de chaleur pénètre dans l'atmosphère et s'accumule dans les océans et l'air ambiant », précise-t-il.

Une cause supplémentaire du réchauffement climatique ?

Cette diminution pourrait-elle contribuer à l'accélération du réchauffement climatique ? Les données sont troublantes. En 2023, la barre des +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle a été dépassée pour la première fois. Les chercheurs s'efforcent désormais d'identifier les causes exactes de cette raréfaction des nuages.

Plusieurs hypothèses sont avancées. Cette disparition progressive pourrait-elle être une conséquence directe de l'augmentation des températures ? Ou résulterait-elle de la diminution des particules en suspension dans l'air, notamment celles issues des gaz d'échappement des navires ? « Toute modification du climat entraîne des effets secondaires. Certains sont bien compris, d'autres beaucoup moins. Concernant les nuages, en particulier les nuages bas, nos modèles restent encore imprécis », admet Robert Vautard.

Initiée depuis 2022 par Mathieu Simonet, ancien avocat et désormais écrivain, cette journée s’inscrit dans une démarche poético-politique dans l’objectif de donner un statut juridique aux nuages et de proposer leur entrée dans le patrimoine mondial de l'Unesco. Une cinquantaine de pays manipulent les nuages pour les faire pleuvoir plus rapidement. Or, cette technique appelée "ensemencement des nuages" n’est pas réglementée, ce qui soulève de nombreuses questions géopolitiques, sanitaire et environnemental.

Ainsi améliorer notre compréhension du comportement des nuages est donc essentiel pour affiner les prévisions climatiques et anticiper les évolutions futures du climat mondial

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