AGRICULTURE AU MALI : Des récoltes de pommes de terre dévastées par des pluies inattendues

Dans la région agricole de Sikasso, au sud du Mali, des pluies torrentielles ont frappé de plein fouet les cultures, causant des pertes considérables aux producteurs de pommes de terre. Des milliers d'hectares de champs ont été inondés, mettant en péril une contre-saison qui s’annonçait prometteuse. Face à ce désastre, les paysans sont en détresse et tentent tant bien que mal de sauver ce qui peut encore l’être.

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Parmi eux, Yacouba Berthé, producteur expérimenté depuis plus de 40 ans, observe impuissant la décomposition de ses tubercules sous l’effet de l’humidité excessive. "Je n’avais jamais vu de telles pluies à cette période de l’année", confie-t-il, le regard perdu sur ce qui reste de sa récolte. Son exploitation, qui lui permet habituellement de vivre et de faire vivre plusieurs familles, a subi une perte estimée à plus de six millions de francs CFA. Comme lui, des centaines d’agriculteurs voient leur travail réduit à néant. Les précipitations du 10 et du 15 mars ont été d’une ampleur inhabituelle. Dans la nuit du 14 au 15 mars, pas moins de 76 mm d’eau au mètre carré se sont déversés sur la région, transformant les champs en véritables marécages. Le bilan humain est tout aussi tragique, avec au moins trois décès signalés dans la zone. En plus des pertes agricoles, l'économie locale est fortement impactée, notamment sur les marchés de Sikasso où le prix du kilo de pommes de terre a chuté brutalement en raison de l’abondance soudaine d’une production endommagée. Avec ses vastes plains et ses bas-fonds fertiles, Sikasso est considérée comme le grenier à pommes de terre du Mali, représentant plus de 50 % de la production nationale, soit plus de 250 000 tonnes par an. Cette catastrophe agricole soulève des inquiétudes majeures pour la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs locaux, qui comptaient sur cette récolte pour amortir l’impact de la saison sèche. Mais le pire pourrait être à venir. Selon les services météorologiques, de nouvelles précipitations sont attendues dans les jours à venir, aussi bien à Sikasso que dans d'autres régions du Mali. Ce phénomène climatique inhabituel, attribué au réchauffement global, pose de sérieuses questions sur la résilience du secteur agricole face aux changements climatiques. Les agriculteurs demandent désormais un soutien urgent des autorités pour limiter l'ampleur des dégâts et sécuriser les prochaines campagnes agricoles. Une meilleure anticipation des conditions météorologiques, des infrastructures de drainage plus adaptées et un accès facilité aux assurances agricoles pourraient être des solutions pour éviter qu’un tel drame ne se répète. Mais pour l’instant, à Sikasso, l’urgence est à la survie des exploitations et au soutien des producteurs dévastés par cette catastrophe naturelle.


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