Le Congo met en place un plan directeur ambitieux pour son secteur gazier, avec un accent particulier sur le contenu local. Ce dernier est jugé essentiel pour maximiser les retombées économiques de l'exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL).
Le Congo, après avoir réalisé sa première exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) il y a plus d'un an, vient de lancer un plan directeur stratégique pour son secteur gazier, visant à augmenter les revenus de l’État en optimisant la monétisation de ses ressources gazières. Dans ce cadre, la mise en œuvre des normes de contenu local s’impose comme un levier clé pour atteindre ces objectifs ambitieux.
Le contenu local, qui englobe la formation, l’emploi et l’approvisionnement local, est devenu un point central des discussions lors du Congo Energy & Investment Forum, qui s'est tenu à Brazzaville du 24 au 26 mars. L'événement a permis de mettre en lumière l'importance d'une meilleure utilisation des compétences locales pour soutenir la croissance du secteur et maximiser les retombées économiques liées à l'exploitation du GNL.
« Pour que l’industrie du GNL se développe, nous devons améliorer nos compétences », a déclaré Yolanda Asumu, PDG d’iCUBEFARM, un réseau panafricain de mise en relation entre chercheurs d’emploi, professionnels et entreprises, particulièrement dans le secteur énergétique. Elle a souligné la sous-utilisation des talents locaux et appelé à une stratégie coordonnée pour aligner la formation et le développement des compétences en Afrique, et en particulier au Congo, avec les besoins réels du secteur privé, notamment dans l’énergie et le pétrole.
Cet appel s’inscrit parfaitement dans la politique du gouvernement congolais en matière de contenu local. Depuis l’adoption du Code des hydrocarbures en 2016, le pays impose des règles strictes en matière de formation et d’emploi locaux afin de garantir que les bénéfices tirés de l’exploitation des hydrocarbures profitent directement aux entreprises et aux travailleurs congolais.
Des géants pétroliers tels que TotalEnergies et Eni ont déjà investi dans la formation des talents locaux, permettant à des employés congolais de se spécialiser dans la liquéfaction du gaz. Par ailleurs, des entreprises locales, comme Congo Services, développent des services adaptés spécifiquement aux besoins du secteur énergétique, contribuant ainsi à la création d'une chaîne de valeur locale autour du GNL.
Cependant, la concrétisation des engagements relatifs au contenu local reste un défi. Les acteurs du secteur s'accordent à dire que des actions mesurables et une meilleure coordination sont nécessaires pour garantir un réel impact sur l’économie nationale. L’enjeu est de taille : maximiser les retombées du GNL pour le pays tout en développant durablement les compétences et infrastructures locales.