Face aux défis énergétiques, les entreprises nigérianes intensifient leurs investissements dans le gaz naturel liquéfié (GNL) pour soutenir la croissance industrielle et combler les lacunes énergétiques du pays. Une nouvelle étape a été franchie avec l’accord signé entre Gasnexus et la NNPC Gas Marketing Limited pour une mini-usine de GNL à Ajaokuta
Au Nigeria, les entreprises locales prennent de plus en plus l’initiative de développer la monétisation du gaz naturel, un secteur stratégique pour soutenir l’industrie nationale et répondre aux besoins énergétiques croissants. Ces derniers mois, plusieurs compagnies se sont inscrites dans la politique gouvernementale qui vise à valoriser cette ressource abondante, souvent sous-exploitée, notamment en raison du brûlage à la torche, une pratique que le gouvernement cherche à réduire de manière significative.
L'un des projets phares témoignant de cette dynamique est l'accord conclu le 2 février entre Gasnexus, une filiale d’Axxela Limited, et la NNPC Gas Marketing Limited (NGML). Ensemble, ils vont construire une mini-usine de GNL dans l’État de Kogi, à Ajaokuta. Cette installation, répartie sur plusieurs phases, devrait permettre de fournir du gaz aux industries locales, particulièrement celles situées dans le nord du pays, une région historiquement mal desservie en énergie.
Avec une capacité initiale de 7,5 millions de pieds cubes de gaz par jour (sur un potentiel de 20 millions), cette usine exploitera le gaz naturel du gazoduc Oben-Ajaokuta. Franklin Umole, directeur d’Axxela, souligne que ce projet répond à une demande croissante en énergie bas carbone, en particulier dans des zones industrielles en manque de ressources énergétiques fiables.
Ce projet s'inscrit dans une initiative plus large du gouvernement nigérian visant à maximiser l'exploitation de son énorme potentiel gazier, en particulier dans un contexte où de nombreux gisements de gaz restent inexploités ou sont gaspillés. La réduction du brûlage de gaz à la torche, qui représente une perte considérable pour le pays, fait partie des priorités du gouvernement fédéral.
Les investissements dans les infrastructures gazières se multiplient, illustrant cette tendance à la hausse. Par exemple, UTM Offshore développe le tout premier projet offshore de liquéfaction de gaz naturel du pays, tandis que Seplat Energy, suite à son partenariat avec ExxonMobil, cherche à renforcer les exportations de gaz nigérian à destination des marchés internationaux.
L’impulsion gouvernementale est également visible à travers l’octroi de licences de distribution de gaz à Axxela Limited pour ses filiales, Gaslink Nigeria Limited et Central Horizon Gas Company Limited. Ces licences devraient favoriser l’expansion de l’utilisation domestique du gaz, une initiative cruciale pour améliorer l'accès à une énergie plus propre et plus abordable à travers le pays.
L'engouement pour la monétisation du gaz naturel est renforcé par des mesures incitatives mises en place par le gouvernement, telles que des exonérations fiscales pour les entreprises investissant dans les technologies gazières. Ces avantages fiscaux visent à stimuler l’investissement et à soutenir le développement d’un secteur gazier compétitif, tout en contribuant à la sécurité énergétique du pays.
Ainsi, la Côte d'Ivoire ne se contente pas de développer son secteur pétrolier, elle met également les moyens pour faire du gaz une véritable force de croissance pour son économie et sa transition énergétique. Cette dynamique devrait se poursuivre, consolidant le rôle clé du secteur gazier dans l’industrialisation et le développement économique du Nigeria.