Face à des obstacles d’approvisionnement en gaz naturel, Sasol adapte son plan de transition énergétique pour inclure une part croissante d’énergies renouvelables. L’entreprise pétrochimique sud-africaine ambitionne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030.
Depuis fin 2021, Sasol, l’un des leaders de l’industrie pétrochimique sud-africaine, œuvrait pour transformer son usine de Secunda en un site moins dépendant du charbon en passant à l’utilisation de gaz naturel. Cette initiative faisait partie d'un plan stratégique ambitieux visant à réduire l’empreinte carbone de l’entreprise, en ligne avec les objectifs climatiques de l’Afrique du Sud.
Cependant, le projet a dû être réajusté. En effet, des difficultés dans l’approvisionnement en gaz, notamment depuis le Mozambique, ont contraint Sasol à revoir sa stratégie énergétique. Alors qu’un contrat de livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) a été signé en 2022 pour approvisionner le complexe de Mpumalanga à partir de 2026, les défis logistiques liés à l’approvisionnement en gaz ont poussé Sasol à chercher des alternatives.
Lors d’une annonce faite le 23 janvier, Simon Baloyi, le PDG de Sasol, a révélé que l’entreprise souhaitait désormais réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % d’ici 2030, avec une réorientation vers les énergies renouvelables. L'usine de Secunda, qui devait initialement utiliser du gaz pour remplacer progressivement le charbon, se tournera donc davantage vers des solutions renouvelables, tout en intégrant des initiatives d’efficacité énergétique pour faciliter cette transition.
Cette nouvelle approche s’inscrit dans la volonté de Sasol de concilier ses ambitions environnementales avec les réalités économiques du pays, qui reste fortement dépendant du charbon pour ses besoins énergétiques. « Si nous devons doubler notre consommation d’énergie renouvelable, en passant d’un gigawatt à deux, nous le ferons », a affirmé Simon Baloyi, affirmant l’engagement de l’entreprise à respecter ses objectifs climatiques malgré les défis financiers et opérationnels.
La transition vers les énergies renouvelables exigera des investissements conséquents dans des infrastructures modernes et des technologies adaptées. Toutefois, les données de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) révèlent que 81 % des nouvelles capacités d’énergies renouvelables installées en 2023 étaient plus compétitives que les alternatives fossiles. Cela illustre la baisse continue des coûts des énergies renouvelables, un facteur clé pour convaincre des entreprises comme Sasol d’y investir à grande échelle.
En se tournant vers les énergies renouvelables, Sasol pourrait non seulement réduire ses émissions de carbone, mais aussi prendre une part active dans le développement d’une énergie plus propre pour l’Afrique du Sud.