À quelques semaines d’une décision cruciale du tribunal de commerce de Paris, le PDG d’Hopium, Stéphane Rabatel, a présenté son plan de redressement. L’entreprise, en difficulté financière, mise désormais sur l’innovation dans les transports lourds pour surmonter la crise et se relancer durablement.
Dans un contexte de grande incertitude, Hopium, le spécialiste de l'hydrogène, a détaillé son plan de redressement lors d’un webinaire organisé le 22 janvier dernier, à en croire les informations relayées sur h2-mobile.fr. Ce plan a pour but de garantir la continuité de l’activité de l’entreprise à l’approche d’une audience décisive au tribunal de commerce de Paris, prévue pour le 27 février. Cette étape, après de multiples reports, pourrait sceller le destin de la société, qui se trouve en redressement judiciaire avec une dette s’élevant à environ 35 millions d’euros.
Une révision nécessaire du financement
Le plan initial d’Hopium proposait un remboursement progressif de la dette, étalé sur 6 à 9 ans, en combinant créances publiques et privées. Cependant, l’augmentation de capital envisagée pour soutenir cette opération a rencontré plusieurs obstacles, notamment un manque de garanties suffisantes et l'absence d’un investisseur clé. Face à cet échec, l’entreprise a modifié sa stratégie financière. Elle a opté pour un financement sécurisé par le fonds Atlas Special Opportunities, partenaire de longue date. Ce financement sera réparti en cinq versements trimestriels de 2,5 millions d’euros, avec un premier versement prévu pour mars 2025. Cette solution vise à assurer la stabilité financière de l’entreprise avant la décision judiciaire.
Un nouveau modèle commercial axé sur la décarbonation
Outre l’aspect financier, Hopium a réorienté son modèle commercial. L’entreprise a renoncé à son projet ambitieux de constructeur automobile de luxe avec la Hopium Machina et s’est désormais concentrée sur la décarbonation des transports lourds. Cette nouvelle stratégie repose sur sa technologie de pile à hydrogène, qu’elle positionne comme étant plus compacte, légère et moins coûteuse que les solutions concurrentes. Cette avancée technologique a attiré l’attention de plusieurs acteurs industriels, avec des demandes de devis en cours dans des secteurs aussi divers que l’aéronautique et les transports publics, notamment pour des projets de bus à hydrogène.
Vers une sortie de crise avec des financements publics
Le succès de ce plan de redressement dépendra de l’approbation des créanciers, dont le vote est prévu entre le 3 et le 17 février. Stéphane Rabatel, malgré les défis, reste optimiste quant à l’avenir d’Hopium, mettant en avant l’objectif de pérenniser l’entreprise à partir de 2025. Une fois sorti de la procédure de redressement judiciaire, Hopium espère renouer avec les financements publics, aujourd’hui gelés. L’entreprise compte sur des programmes comme France 2030, la BPI et les collectivités territoriales pour relancer ses activités et assurer sa croissance dans les années à venir.
Avec cette réorganisation, Hopium cherche à transformer la crise actuelle en une opportunité pour se repositionner comme un acteur clé dans l’industrie de l’hydrogène, dans un contexte de transition énergétique en pleine expansion.