Malgré un potentiel important en hydrocarbures identifié dans son sous-sol, Madagascar peine à tirer pleinement profit de ces ressources naturelles, pourtant essentielles pour stimuler son économie.
Le ministre des Mines et des Ressources stratégiques de Madagascar, Olivier Herindrainy Rakotomalala, a officialisé le 20 janvier 2025 un plan ambitieux destiné à relancer le secteur pétrolier de l'île. Ce plan a pour objectif de maximiser l'exploitation des ressources pétrolières, qui n’ont pas encore été exploitées à leur plein potentiel. En effet, le ministre a reconnu que plusieurs facteurs ont freiné le développement de ce secteur clé. Parmi les principaux obstacles, il a mentionné la suspension de la promotion des blocs pétroliers et le retrait de nombreuses compagnies pétrolières du pays ces dernières années. « Cette initiative vise à redynamiser un secteur crucial qui a souffert de divers freins », a déclaré Rakotomalala lors de la présentation du plan.
En outre, le plan annoncé par le ministre se décline en deux réformes majeures. La première consiste à renforcer la transparence dans le secteur pétrolier, un point crucial pour instaurer la confiance et favoriser les investissements. La seconde réforme vise à accroître l’attractivité de Madagascar pour les compagnies pétrolières internationales, en instaurant un nouveau modèle de contrat de partage de production (CPP) et en réattribuant les blocs abandonnés par les entreprises ayant quitté le pays. Mais l’un des enjeux majeurs de ce plan est l’exploitation du gisement Tsimiroro, situé sur le bloc 3104, qui pourrait contenir jusqu’à 1,7 milliard de barils de pétrole lourd. Cette ressource pourrait non seulement générer des revenus substantiels pour l’État malgache, mais aussi répondre à un besoin urgent : celui de soutenir la production d’énergie, en particulier pour les centrales thermiques de l'entreprise publique Jirama, chargée de l'approvisionnement en électricité et en eau.
Par ailleurs, Madagascar souffre actuellement d'un déficit énergétique majeur. Selon les données de la Banque mondiale, publiées en avril 2023, seulement 33,7 % de la population malgache a accès à l’électricité, bien en deçà de la moyenne de 48,4 % pour l’Afrique subsaharienne en 2020. Avec plus de 18 millions de personnes privées d’électricité, le pays se classe parmi les 13 nations les plus non électrifiées au monde. Pour le gouvernement, la mise en valeur des ressources pétrolières du pays est primordiale pour répondre aux besoins croissants en énergie et réduire les dépendances extérieures. La relance du secteur pétrolier est donc perçue non seulement comme un levier pour l’économie malgache, mais aussi comme une solution potentielle aux défis énergétiques persistants.
En réactivant ce secteur stratégique, Madagascar espère ainsi créer un cercle vertueux, alliant croissance économique, développement durable et amélioration des conditions de vie de sa population. Cependant, la réussite de ce projet dépendra de la capacité du gouvernement à surmonter les obstacles techniques, juridiques et financiers qui se dresseront sur son chemin.