Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, avec sa politique favorable aux énergies fossiles, pourrait redonner un élan aux projets controversés tels que l'oléoduc est-africain, EACOP. Après des mois de retrait financier, des banques reviennent sur leurs positions.
La réélection de Donald Trump pourrait redéfinir les priorités des investisseurs, notamment dans le secteur des énergies fossiles. En effet, après son arrivée au pouvoir, plusieurs banques américaines, telles que JPMorgan et Citigroup, ont quitté l'Alliance bancaire pour le net zéro (NZBA), un groupe soutenu par l'ONU visant à promouvoir la neutralité carbone. Ce départ d'acteurs financiers majeurs pourrait avoir des répercussions sur le financement de projets controversés, comme l’oléoduc est-africain (EACOP), un projet de 4 milliards de dollars reliant les champs pétroliers ougandais à la Tanzanie.
Ce projet, qui vise d’après les informations rendues public sur Agence ecofin à transporter jusqu'à 216 000 barils de pétrole par jour sur 1 443 km, a été fortement critiqué par les ONG environnementales en raison de son impact écologique, notamment les émissions de CO₂ estimées à 34,3 millions de tonnes par an. Depuis 2021, une campagne internationale a poussé de grandes banques européennes à se retirer, au nom de leurs engagements en matière de durabilité et de respect des droits humains. Par conséquent, le financement du projet s’est retrouvé dans l’incertitude, malgré une première décision d’investissement et des progrès notables dans sa construction.
Cependant, le retour de Trump à la présidence, avec son soutien explicite à l’exploitation des énergies fossiles, pourrait influencer le comportement des investisseurs. En effet, alors que des banques comme BNP Paribas et Crédit Agricole se sont retirées, d'autres, initialement prudentes, restent désormais dans l’expectative. Goldman Sachs, Citi et JPMorgan avaient laissé entendre qu’elles n'excluaient pas un retour au financement. Le changement de climat politique sous l’administration Trump pourrait encourager les banques à reprendre les négociations et finaliser les fonds restants pour accélérer la réalisation de l'infrastructure.
Ce retournement pourrait redonner un coup de pouce aux projets fossiles dans un contexte où l'incertitude plane sur les politiques environnementales mondiales. Pour l’EACOP, un tel soutien financier relancerait la mise en œuvre d’un projet à haut risque écologique et social, mais aux retombées économiques potentielles significatives pour les pays impliqués.