MOIS DU BIODIGESTEUR AU BENIN : « Le biogaz réduit les dépenses énergétiques et le digestat fertilise les terres », dixit Henock Gnanga.

Dans le cadre du Mois du Biodigesteur au Bénin, le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines (MEEM), en partenariat avec la Société Biogaz Bénin, a initié la Semaine du Biodigesteur, officiellement lancée le lundi 26 octobre 2026. Cette initiative entend promouvoir une technologie capable de transformer les déchets organiques en biogaz et en fertilisant. Elle ambitionne de contribuer à la réduction des dépenses énergétiques, à la protection de l’environnement et au renforcement de la souveraineté alimentaire.

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Face à la hausse des besoins énergétiques, à la pression exercée sur les ressources forestières et aux défis de la gestion des déchets, le biodigesteur se présente comme une solution à fort potentiel pour les ménages et les exploitations agricoles. Au Bénin, sa promotion bénéficie désormais d’un mois dédié à la sensibilisation et à la démonstration de ses applications. Du 26 au 30 octobre 2026, les populations du Bénin sont invitées à découvrir cette technologie et ses possibilités de valorisation des matières organiques.

Une alternative énergétique au service de l’environnement

Placée sous le thème « Le biodigesteur au cœur de la réduction de la facture énergétique et de la transition agroécologique pour une souveraineté alimentaire au Bénin : défis et perspectives », cette première édition met en lumière les liens entre énergie, agriculture et protection des ressources naturelles.

Lors de la cérémonie officielle de lancement, le Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard Dahomé, a souligné l’importance de cette initiative dans la promotion de solutions énergétiques durables. « Cette initiative vise à renforcer la sensibilisation des populations et des acteurs institutionnels et économiques aux opportunités offertes par la technologie du biodigesteur, notamment en matière d’accès à une énergie propre, de gestion durable des déchets organiques et de valorisation agricole du digestat. » Le principe est de transformer, dans une installation adaptée et en l’absence d’oxygène, des matières biodégradables en biogaz utilisable notamment pour la cuisson ou la production d’électricité. Les résidus issus du processus, appelés digestat, peuvent également être valorisés en agriculture, sous réserve de conditions appropriées de traitement et d’utilisation.

Pour Rosath Henock Gnanga, Gérant de Biogaz Bénin, cette technologie répond à une nécessité croissante. L’augmentation de la population et des besoins en énergie accentue la pression sur les forêts, dont les ressources servent notamment à produire du bois de chauffage et du charbon. « L’idée de construire des biodigesteurs » repose ainsi sur la possibilité de transformer les déchets issus des cuisines, des espaces verts et d’autres activités en ressources énergétiques directement exploitables. Selon le Promoteur, Biogaz Bénin a déjà installé plus de 500 unités dans le pays. Elles concernent notamment des ménages, des restaurants, des hôtels, des établissements scolaires, des unités de transformation du manioc, des rizeries et des abattoirs. Cette diversité illustre les possibilités d’adaptation du dispositif à différents besoins.

Des économies attendues et un potentiel agricole à consolider

L’intérêt du biodigesteur réside également dans les économies susceptibles d’être réalisées sur les dépenses énergétiques et les intrants agricoles. Rosath Henock Gnanga estime à environ 800 000 francs de l’Union monétaire ouest-africaine le coût d’une installation adaptée à certains usages domestiques, pour une durée d’exploitation annoncée de trente ans. Il avance également une production pouvant atteindre 500 litres de fertilisant par mois. Selon les calculs évoqués par le promoteur, certains ménages pourraient rentabiliser leur investissement en deux ans et demi. Ces estimations varient toutefois selon les installations, les usages et les conditions de fonctionnement.

Le développement de cette filière nécessite néanmoins un accompagnement technique et économique. L’adaptation des équipements de cuisson au biogaz et la commercialisation du digestat figurent parmi les difficultés relevées par le promoteur. Des partenariats avec des maraîchers et des producteurs agroécologiques sont engagés afin de faciliter l’utilisation de ces fertilisants. Le Mois du Biodigesteur, soutenu par le Ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines et l’Alliance des biodigesteurs en Afrique de l’Ouest et du Centre, prévoit des démonstrations à la Direction départementale de l’Énergie, de l’Eau et des Mines de l’Atlantique, à Cota, ainsi qu’un webinaire le vendredi 30 octobre. Ces activités doivent permettre au public de mieux comprendre le fonctionnement des installations et leurs conditions d’accès.

En transformant les déchets en ressources, le biodigesteur ouvre ainsi des perspectives pour une énergie plus accessible et une agriculture davantage ancrée dans la valorisation locale. La concrétisation de ce potentiel dépendra toutefois de l’accessibilité financière des équipements, de la formation des utilisateurs et de la pérennité des installations.


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