À Pahou Centre, dans la commune de Ouidah, l’eau s’est installée dans le quotidien des habitants. Maisons abandonnées, voies impraticables, élevages décimés et déplacements en pirogue : le constat dressé sur place traduit l’ampleur des difficultés. Les riverains pointent notamment des problèmes d’écoulement autour des ouvrages de Pahou-Tori et de Hêvié et réclament des solutions durables.
Légende : Innondation à Pahou
Dans plusieurs secteurs de Pahou Centre, les traces de l’inondation sont visibles. Des habitations sont désertées, certaines rues restent difficiles d’accès et la végétation gagne des espaces autrefois occupés. Pour Pio Hounkanrin, l’accès à son domicile peut désormais se faire avec de l’eau atteignant la taille. Pour lui, comme pour d’autres habitants, l’inondation n’est plus un phénomène ponctuel.
Théophile Anato, propriétaire terrien installé depuis plusieurs décennies, situe l’aggravation de la situation autour de 2017-2018. Il affirme n’avoir jamais connu auparavant une telle emprise des eaux. Éleveur, il dit également avoir perdu plus de 200 animaux, notamment des porcs et des volailles, emportés ou morts dans les eaux lorsque les précautions prises n’ont pas suffi.
À ces pertes s’ajoutent des problèmes de sécurité. Des riverains rapportent le pillage de certaines maisons abandonnées et signalent la présence de reptiles dans les zones inondées. Pour plusieurs familles, la pirogue est devenue un moyen de déplacement.
Des voies d’eau au cœur des plaintes
Sur le terrain, les habitants établissent un lien entre leurs difficultés et les conditions actuelles d’écoulement des eaux. Au niveau du pont de Pahou-Tori, Pio Hounkanrin dénonce notamment la présence de remblais et de gravats qui, selon lui, réduiraient le passage de l’eau. Les riverains affirment que des ouvertures ont été réalisées après leurs interventions, mais que l’écoulement demeure insuffisant.
À Hêvié, d’autres habitants évoquent également des obstacles qui auraient perturbé le passage de l’eau pendant ou après les travaux du pont. Ces témoignages ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir une responsabilité directe des ouvrages dans les inondations. Ils soulignent surtout la nécessité d’une vérification technique de la circulation des eaux.
Les plaintes concernent également les caniveaux et les dispositifs d’évacuation vers l’axe Cotonou-Lomé. Selon les riverains, certaines sections évacuent difficilement les eaux, notamment à proximité des rails à Pahou.
Des démarches qui se poursuivent
Lucien Tovi Amouzoun, président de l’Association de développement des ressortissants de Gbedjovide Ahouanganmè Pahou Centre, affirme que plusieurs correspondances ont été adressées aux autorités et structures compétentes. Il évoque également des rencontres avec les populations, les autorités et l’entrepreneur concerné, sans qu’une solution durable n’ait, selon lui, permis de mettre fin aux difficultés.
En juillet 2026, la municipalité de Ouidah s’est encore rendue dans plusieurs zones touchées, dont Pahou Centre, pour constater la situation et échanger avec les populations.
Aujourd’hui, les sinistrés demandent principalement le rétablissement des voies d’écoulement et une expertise permettant de déterminer précisément les causes de la stagnation des eaux. Pour eux, l’urgence est de retrouver des conditions de vie normales. À Pahou Centre, le constat est sans équivoque : l’eau ne perturbe plus seulement les activités des habitants, elle transforme durablement leur quotidien.