TotalEnergies et son partenaire nigérian AMNI ont franchi une nouvelle étape dans le développement du champ gazier Ima, destiné à fournir du gaz à l’usine Nigeria LNG. Avec une production attendue à partir de 2028, le projet doit contribuer à réduire le déficit d’approvisionnement qui limite actuellement les capacités de liquéfaction du Nigeria.
Légende : GNL
TotalEnergies et la compagnie nigériane AMNI ont annoncé, mercredi 23 septembre, leur décision finale d’investissement pour le développement du champ gazier Ima, situé au large du Nigeria. Le projet doit fournir du gaz à l’usine de liquéfaction de Nigeria LNG (NLNG), installée à Bonny Island, dont les capacités de production restent affectées par un manque de matière première.
Opérateur du projet avec une participation de 40 %, TotalEnergies détient ce permis aux côtés d’AMNI, qui en possède 60 %. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. Situé en eaux peu profondes, le champ Ima couvre deux permis offshore, les Oil Mining Lease (OML) 112 et 117. Une plateforme unique sera construite et reliée à l’usine de NLNG par un gazoduc de 22 kilomètres.
Une production attendue dès 2028
Selon les prévisions annoncées par les partenaires, la production d’Ima devrait démarrer en 2028 pour atteindre environ 350 millions de pieds cubes de gaz par jour, soit près de 60 000 barils équivalents pétrole quotidiennement. Cette production devrait couvrir environ un tiers des besoins en gaz du Train 7 de Nigeria LNG.
Le développement du champ intervient alors que le Nigeria cherche à accroître la disponibilité de son gaz naturel afin de mieux exploiter ses infrastructures de liquéfaction. Le Train 7, dont la mise en service est prévue fin 2027, doit porter la capacité de production de NLNG de 22 à environ 30 millions de tonnes de GNL par an.
Par ailleurs, TotalEnergies présente Ima comme un projet conçu sans torchage du gaz et alimenté en électricité depuis la terre ferme. La compagnie indique également que ses principaux sous-traitants seront nigérians, ce qui devrait favoriser la participation des entreprises locales à la réalisation des travaux.
NLNG confrontée à un déficit de gaz
Le lancement d’Ima intervient dans un contexte de pression sur l’approvisionnement de Nigeria LNG. Le 15 septembre, lors de la conférence Gastech à Bangkok, le directeur général de NLNG, Adeleye Falade, indiquait que les six trains existants fonctionnaient à environ 82-83 % de leur capacité. Selon lui, l’approvisionnement en gaz demeure la principale contrainte, avec un déficit estimé à environ 15 %.
NLNG reste par ailleurs sous le régime de la force majeure depuis les inondations de 2022, qui ont perturbé son approvisionnement. La société prévoit de lever cette mesure lorsque son taux d’utilisation atteindra environ 90 %. Quelques mois plus tôt, le dirigeant avait estimé que le niveau moyen d’utilisation de l’usine s’était établi autour de 60 % au cours des deux à trois dernières années, notamment en raison du vandalisme des infrastructures gazières.
D’autres projets pour soutenir la production
Dans ce contexte, le projet Ima constitue l’un des nouveaux développements destinés à renforcer l’offre gazière du Nigeria. Il s’inscrit notamment dans la politique d’Abuja visant à encourager la production de gaz non associé, provenant de gisements où le gaz est la principale ressource exploitée.
TotalEnergies poursuit également le développement du champ gazier d’Ubeta, lancé en 2024 avec la Nigerian National Petroleum Company (NNPC). Sa mise en production est annoncée pour 2027.
Ainsi, alors que Nigeria LNG prépare l’entrée en service de son septième train de liquéfaction, le développement de nouvelles ressources gazières apparaît essentiel pour assurer l’alimentation régulière des installations. Avec Ima, TotalEnergies et AMNI entendent apporter une nouvelle source de gaz à l’usine de Bonny Island et contribuer à réduire les contraintes qui freinent actuellement son utilisation à pleine capacité.