La Zambie accélère le développement de son énergie solaire avec deux projets de 500 MW chacun contractualisés en l’espace de trois mois. Portés par des investisseurs privés et soutenus par des contrats d’achat d’électricité de longue durée, ces projets représentent ensemble 1 000 MW, soit une capacité supérieure à celle de nombreuses installations solaires déjà opérationnelles dans le pays. Cette dynamique traduit la volonté de Lusaka d’attirer davantage de capitaux privés pour renforcer son système électrique, même si le financement et la construction effective des centrales restent encore à concrétiser.
Légende : Panneau solaire
Le solaire zambien entre dans une nouvelle phase. En quelques mois, la compagnie publique d’électricité ZESCO a engagé deux projets photovoltaïques d’une capacité de 500 MW chacun. Le dernier accord en date a été signé le 15 septembre avec le groupe hongrois EnerSynk pour le développement d’une centrale solaire de 500 MW dans la Copperbelt, dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) d’une durée de 25 ans.
Avec une puissance de 500 MW, cette future centrale représenterait à elle seule près de 60 % des 841 MW de capacités solaires installées en Zambie en 2026, selon les données du ministère de l’Énergie. Son développement témoigne de l’évolution rapide du marché solaire national, qui cherche désormais à accueillir des projets de dimension beaucoup plus importante.
L’accord conclu avec EnerSynk intervient quelques mois seulement après une opération similaire. En juin, ZESCO avait signé un PPA avec la société sud-coréenne KS Eco Solutions Holdings pour une centrale solaire de 500 MW intégrant également des capacités de stockage. Les deux projets représentent donc à eux seuls 1 GW de nouvelle capacité potentielle.
Cette progression est particulièrement significative au regard de l’évolution récente du parc solaire zambien. Celui-ci est passé de seulement 88 MW en 2021 à 841 MW en 2026. La multiplication des projets de grande taille pourrait permettre au pays d’accélérer encore cette trajectoire et de réduire progressivement sa dépendance à des sources d’électricité vulnérables aux variations de disponibilité.
L’orientation retenue par les autorités s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification du mix énergétique. Dans son National Energy Compact, la Zambie ambitionne de porter ses capacités solaires à 3 000 MW d’ici 2030. Pour atteindre ses objectifs énergétiques, le pays estime par ailleurs avoir besoin de 9,5 milliards de dollars de capitaux privés.
Dans cette perspective, les contrats d’achat d’électricité à long terme constituent un instrument central pour attirer les investisseurs. En offrant un cadre de vente de l’électricité produite sur une période prolongée, les PPA peuvent notamment contribuer à rendre les projets plus prévisibles pour les bailleurs et les investisseurs, sous réserve que les autres conditions financières et réglementaires soient réunies.
Toutefois, la signature d’un PPA ne signifie pas encore que les électrons seront prochainement injectés dans le réseau. Pour le projet porté par EnerSynk, plusieurs étapes restent à franchir. L’entreprise devra notamment poursuivre les études techniques, obtenir les différentes autorisations environnementales et réglementaires, structurer son financement et préparer la construction de la centrale.
Le montant nécessaire à la réalisation du projet ainsi que les sources précises de financement n’ont, pour l’heure, pas été communiqués. Cette situation rappelle l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les marchés africains des énergies renouvelables : transformer l’annonce et la contractualisation de grands projets en actifs effectivement financés et construits.
Pour la Zambie, l’enjeu est donc désormais de faire passer ces capacités projetées du papier au terrain. Le bouclage financier, le démarrage des travaux puis la mise en service des centrales seront déterminants pour mesurer concrètement l’impact de cette nouvelle génération de projets solaires.
Avec deux projets de 500 MW annoncés en quelques mois, le pays affiche en tout cas une ambition nouvelle : développer le solaire non plus seulement à travers des installations de taille limitée, mais également au moyen de centrales capables d’ajouter plusieurs centaines de mégawatts au réseau national. La réussite de cette transformation dépendra désormais de la capacité des promoteurs et des autorités à mobiliser les financements nécessaires et à convertir ces engagements en infrastructures opérationnelles.