Célébrée le 16 septembre 2026, la Journée mondiale de la couche d’ozone a placé au cœur des préoccupations la nécessité d’accélérer la transition vers des systèmes de refroidissement plus durables. Cette édition, organisée autour du thème « Action mondiale pour une planète plus fraîche », intervient alors que la hausse des températures et la multiplication des épisodes de chaleur renforcent les besoins en climatisation et en réfrigération. Au Bénin, où le recours au froid est devenu essentiel pour le confort des populations, la conservation des aliments et certaines activités économiques, cet enjeu se situe au croisement de la protection de l’ozone et de l’adaptation au changement climatique.
Légende : Couche d'ozone
La protection de la couche d’ozone reste l’un des exemples les plus marquants de coopération environnementale internationale. Située dans la stratosphère, cette couche joue un rôle de bouclier en absorbant une partie des rayonnements ultraviolets nocifs du Soleil. Sa dégradation expose notamment les populations et les écosystèmes à des risques accrus liés aux rayonnements UV.
Quarante ans après l’adoption du Protocole de Montréal, les résultats obtenus montrent toutefois qu’une action collective fondée sur la science peut produire des effets durables. Selon l’Organisation météorologique mondiale, plus de 99 % de la production et de la consommation des substances réglementées qui appauvrissent la couche d’ozone ont été progressivement éliminées. Si les politiques actuelles sont maintenues, la couche d’ozone devrait retrouver ses niveaux de 1980 vers 2040 dans la majeure partie du monde.
Pour le Bénin, cette dynamique prend une dimension particulière avec l’évolution des besoins en équipements de réfrigération et de climatisation. Le pays a ratifié la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal en 1993 et a également ratifié l’Amendement de Kigali en 2018. Il dispose par ailleurs d’un système de licences pour les substances appauvrissant la couche d’ozone et d’un dispositif de contrôle des hydrofluorocarbures (HFC).
Or, les HFC constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour le climat. Utilisés notamment dans les équipements de refroidissement, ils ne détruisent pas directement la couche d’ozone comme les anciennes substances réglementées, mais certains sont de puissants gaz à effet de serre. C’est précisément pour agir sur cette nouvelle problématique que l’Amendement de Kigali prévoit leur réduction progressive.
Dans un contexte béninois marqué par la chaleur, la question consiste donc à répondre à la demande croissante de refroidissement sans aggraver la pression sur le climat. Climatisation des logements et bureaux, conservation des produits alimentaires, chaîne du froid, stockage pharmaceutique : les besoins sont nombreux et devraient rester importants avec l’augmentation des températures. La transition vers des équipements plus efficaces et utilisant des réfrigérants à faible impact climatique apparaît ainsi comme un enjeu à la fois environnemental, sanitaire et économique.
Le lien entre ozone et climat est d’ailleurs particulièrement important dans le cadre de l’Amendement de Kigali. Selon l’ONU, sa pleine mise en œuvre pourrait éviter jusqu’à 0,5 °C de réchauffement planétaire d’ici à la fin du siècle. Combinée à des équipements de refroidissement plus économes en énergie, cette action pourrait contribuer encore davantage à limiter le réchauffement.
Au Bénin, l’enjeu est désormais de transformer les engagements internationaux en pratiques concrètes. Cela passe notamment par la sensibilisation des professionnels du froid, le renouvellement progressif des équipements anciens, le contrôle des substances utilisées, la réduction des fuites de réfrigérants et la promotion de technologies moins énergivores.
La Journée mondiale de la couche d’ozone rappelle ainsi que la protection de l’atmosphère ne se limite pas à préserver un bouclier invisible situé à plusieurs kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle concerne aussi les choix technologiques opérés aujourd’hui dans les maisons, les commerces, les industries et les services. Pour le Bénin, faire du refroidissement durable un levier d’adaptation aux fortes chaleurs permettrait de répondre aux besoins croissants des populations tout en contribuant aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.