Du 9 au 12 septembre 2026, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, a sillonné plusieurs bassins de production du Bénin afin d’évaluer l’évolution de la campagne agricole 2026-2027. De Banikoara à Djidja, en passant par Sinendé, Ouassa-Péhunco, Djougou, Savalou et Glazoué, cette tournée a permis d’apprécier l’état des cultures, d’échanger avec les producteurs et d’identifier les difficultés qui pourraient affecter les rendements.
Légende : Ministre de l'Agriculture en visite
Le suivi de la campagne agricole 2026-2027 se poursuit sur le terrain. Pendant quatre jours, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, est allé à la rencontre des producteurs dans plusieurs localités du pays. Accompagné de la Secrétaire générale du ministère, de membres de son cabinet et du ministre conseiller à l’Agriculture, à l’Élevage et à la Pêche, Bio Guera Sacca Kina, il a visité différentes exploitations consacrées notamment au coton, au maïs, au soja et au riz.
À Banikoara, première étape de la tournée, la délégation ministérielle a pu mesurer les performances enregistrées dans l’un des principaux bassins cotonniers et céréaliers du pays. L’exploitation de Moussa Inoussa, d’une superficie totale de 50 hectares dont 42 hectares exploités, illustre une approche fondée sur la diversification des productions. Elle comprend notamment 32,5 hectares de coton, 11 hectares de maïs et 3,5 hectares de riz, auxquels s’ajoute un cheptel composé de bovins, d’ovins et de volailles.
Cette organisation met en évidence les complémentarités possibles entre agriculture et élevage. La valorisation de la matière organique issue de l’élevage et des résidus de récolte constitue notamment un levier pour améliorer la fertilité des sols et réduire la dépendance à certains intrants. Un enjeu d’autant plus important que les exploitations agricoles doivent composer avec des conditions climatiques parfois irrégulières.
De Banikoara à Sinendé, Ouassa-Péhunco, Djougou, Savalou, Glazoué et Djidja, le constat présenté au terme de la tournée fait état d’importantes superficies emblavées et de cultures globalement dans un état végétatif jugé satisfaisant. La mobilisation des producteurs apparaît également comme un élément important pour la poursuite de la campagne.
Toutefois, plusieurs contraintes persistent. Les producteurs ont notamment évoqué les difficultés liées à la mécanisation, aux variations de la pluviométrie, à la disponibilité et à la qualité des semences, à la fertilité des sols ainsi qu’à l’écoulement des récoltes. Ces préoccupations montrent que l’amélioration des rendements ne dépend pas uniquement de l’augmentation des superficies cultivées, mais également de la capacité à sécuriser les conditions de production et les débouchés.
Dans ce contexte, la maîtrise de l’eau et la restauration des sols occupent une place importante dans les orientations présentées par le ministre. Face aux déficits pluviométriques et aux poches de sécheresse susceptibles d’affecter certaines zones agricoles, Adin Yéton Bloukounon Goubalan a notamment présenté le programme d’un million de citernes dans les zones cotonnières. L’objectif affiché est de renforcer la disponibilité de l’eau pour les exploitations et de mieux faire face aux épisodes de déficit hydrique.
La fertilité des sols constitue également un autre axe de cette stratégie. Au cours des échanges avec les producteurs et les équipes d’encadrement, le ministre a insisté sur une meilleure gestion de la matière organique et de l’eau. Il a aussi évoqué la mise à l’échelle des biofertilisants ionisants, présentés comme une innovation destinée à favoriser l’assimilation des éléments nutritifs par les racines et à soutenir les rendements tout en préservant les sols.
Au-delà de ces mesures techniques, la tournée a servi de cadre pour rappeler plusieurs programmes engagés par le Gouvernement en faveur de la transformation du secteur agricole. Il s’agit notamment de la protection sociale et de la sécurisation des revenus des exploitants, de la digitalisation du conseil agricole grâce à l’intelligence artificielle, de la mécanisation de nouvelle génération, de la restauration de la fertilité des sols et du mécanisme de rachat des excédents de récolte avec la SODAPA.
L’État entend également maintenir son soutien à travers les subventions accordées pour les engrais et les semences certifiées. Dans la filière cotonnière, une prime incitative de 10 FCFA par kilogramme de coton-graine est annoncée si la production nationale atteint 700 000 tonnes au terme de la campagne. Cette mesure vise à encourager les producteurs à maintenir leurs efforts et à soutenir la progression de la production.
Au terme de cette immersion dans les bassins de production, le ministre a estimé que la campagne « se porte bien », tout en relayant aux producteurs les encouragements du Chef de l’État. La tournée aura surtout permis de rapprocher les responsables du secteur des réalités vécues dans les exploitations. Entre sécurisation de l’eau, restauration des sols, mécanisation, accès aux intrants et commercialisation, les prochaines étapes de la campagne devront permettre de consolider les acquis tout en apportant des réponses aux contraintes signalées par les producteurs.