MOBILITÉ ÉLECTRIQUE EN AFRIQUE : Les deux-roues électriques séduisent de plus en plus les investisseurs en Afrique de l’Est

En Afrique de l’Est, la transition vers la mobilité électrique gagne progressivement le secteur des deux-roues, particulièrement utilisé pour le transport de personnes et de marchandises. Porté par un marché en pleine expansion, des économies potentielles pour les conducteurs et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, le secteur attire désormais d’importants capitaux. Le financement de 33,3 millions de dollars récemment obtenu par ARC Ride illustre cette accélération.

Moto électrique Légende : Moto électrique

La mobilité électrique à deux roues change progressivement de dimension en Afrique de l’Est. Dans une région où les motos, communément appelées « boda boda », constituent un moyen de transport essentiel et une importante source de revenus pour des millions de personnes, l’électrification de ce secteur apparaît comme une nouvelle opportunité économique et environnementale.

C’est sur ce marché déjà largement établi que misent les entreprises spécialisées dans la mobilité électrique. ARC Ride en est une illustration. L’opérateur a bouclé, le mardi 8 septembre 2026, un financement de 33,3 millions de dollars, composé de 23 millions de dollars de fonds propres et de 10 millions de dollars de dette. Une partie de cette enveloppe doit permettre d’accélérer le déploiement de ses motos électriques et de renforcer les infrastructures nécessaires à leur utilisation.

Dans le cadre de cette opération, l’agence française Proparco a annoncé une contribution de 1,5 million de dollars. Ces ressources doivent notamment soutenir le déploiement de 5 000 motos électriques ainsi que l’extension du réseau d’échange de batteries développé par ARC Ride. Cette infrastructure constitue un élément important du modèle économique des deux-roues électriques, puisqu’elle permet aux conducteurs de remplacer rapidement une batterie déchargée plutôt que d’attendre sa recharge.

Un marché qui attire des capitaux

ARC Ride n’est toutefois pas le seul opérateur à bénéficier de l’intérêt croissant des investisseurs. Le secteur attire également d’importants financements autour d’acteurs comme Spiro, qui a multiplié les opérations financières depuis octobre 2025. L’entreprise a notamment annoncé un financement de 100 millions de dollars en octobre 2025, suivi d’une dette de 50 millions de dollars en février 2026, puis d’une levée de fonds propres de 215 millions de dollars en juin 2026.

Cette succession d’opérations traduit l’intérêt grandissant des investisseurs pour un marché dont le potentiel repose sur des besoins de mobilité déjà importants. Au Kenya, par exemple, environ 2,5 millions de boda-bodas étaient enregistrés en 2024, dont près de 1,8 million étaient actifs, selon les données du ministère des Transports.

Au-delà du nombre de motos en circulation, c’est surtout la perspective d’améliorer les revenus des conducteurs qui renforce l’attractivité du modèle électrique. Une étude soutenue par la Banque africaine de développement estime qu’en Ouganda, les économies réalisées sur le carburant et la maintenance pourraient permettre à un conducteur passant à une moto électrique d’augmenter son bénéfice mensuel de 33 %.

Des bénéfices économiques et environnementaux

L’intérêt pour les motos électriques repose donc sur un double enjeu. Pour les conducteurs, la diminution des dépenses liées au carburant et à l’entretien peut améliorer la rentabilité de leur activité. Pour les villes et les États, le remplacement progressif des moteurs thermiques contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre et les pollutions liées au transport.

Cette convergence entre rentabilité économique, besoins de mobilité et impératifs climatiques contribue ainsi à renforcer l’intérêt des investisseurs pour le secteur. Les capitaux mobilisés permettent également de développer les infrastructures indispensables à l’adoption des motos électriques, notamment les stations d’échange ou de recharge des batteries.

Les premiers résultats commerciaux semblent confirmer cette dynamique. Selon les données récentes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les ventes de deux-roues électriques en Afrique sont passées de moins de 1 000 unités en 2020 à environ 70 000 en 2025. Cette progression est notamment portée par les usages commerciaux, le développement des systèmes d’échange de batteries et l’amélioration de l’accès au financement.

L’Ouganda s’est particulièrement distingué avec plus de 30 000 ventes en 2025. Au Kenya, les ventes ont plus que triplé pour dépasser 25 000 unités, représentant environ 15 % des nouvelles immatriculations de deux-roues.

La progression reste encore récente à l’échelle du continent, mais les indicateurs témoignent d’un changement de rythme. Avec l’arrivée de nouveaux financements, l’extension des réseaux d’échange de batteries et l’amélioration de la rentabilité pour les conducteurs, les deux-roues électriques pourraient progressivement s’imposer comme un maillon important de la transition énergétique dans les transports en Afrique de l’Est.


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