VALLÉE DE L’OUÉMÉ : 5 milliards FCFA pour mieux protéger les populations face aux risques climatiques

Face à la multiplication des inondations, à la hausse des températures et aux risques sanitaires qui en découlent, le Bénin renforce sa stratégie d’adaptation au changement climatique. Lancé le 3 septembre 2026 à Cotonou, le projet SAP055, financé à hauteur de 5 milliards de FCFA par le Fonds vert pour le climat, entend améliorer la résilience des populations de la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo, particulièrement exposée aux aléas climatiques.

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Le changement climatique ne menace pas seulement les écosystèmes et les activités économiques. Il constitue également un défi croissant pour la santé publique. Dans la vallée de l’Ouémé, les inondations récurrentes, combinées à la hausse des températures et à une forte humidité, créent des conditions favorables à la propagation de plusieurs maladies, notamment le paludisme.

C’est dans ce contexte que le Bénin a officiellement lancé, jeudi 3 septembre 2026 à Cotonou, le projet SAP055. Doté d’une enveloppe de 5 milliards de FCFA et prévu sur cinq ans, le programme cible en priorité la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo, où les populations sont régulièrement confrontées aux effets des événements climatiques extrêmes.

Anticiper les risques sanitaires

L’un des principaux volets du projet consiste à améliorer la capacité d’anticipation des risques. À cet effet, un centre local de veille sera mis en place pour croiser les données climatiques et sanitaires. L’objectif est de mieux détecter les signaux annonciateurs de foyers épidémiques et de permettre une intervention plus rapide des services compétents.

Cette approche marque un changement important dans la gestion des conséquences du changement climatique. Il ne s’agit plus seulement de répondre aux crises une fois qu’elles surviennent, mais également de renforcer les mécanismes de prévention et d’alerte afin de réduire leurs impacts sur les communautés.

Des infrastructures sanitaires plus résilientes

SAP055 prévoit également de renforcer les capacités des structures sanitaires situées dans les zones exposées. Des agents de santé bénéficieront ainsi de formations consacrées à la prise en charge des urgences liées aux phénomènes climatiques extrêmes.

Plusieurs centres de santé seront, par ailleurs, équipés de panneaux solaires, de dispositifs destinés à améliorer l’accès à l’eau ainsi que de nouveaux équipements biomédicaux. Ces investissements doivent permettre aux formations sanitaires de continuer à fonctionner dans des conditions difficiles et de mieux répondre aux besoins des populations lors des épisodes climatiques majeurs.

Plus de 311 000 bénéficiaires attendus

L’ambition du programme dépasse toutefois le seul secteur de la santé. Selon les données communiquées, 311 700 personnes devraient bénéficier directement ou indirectement des différentes interventions prévues.

Le projet entend également contribuer au renforcement de la résilience économique des populations et à la prévention au niveau communautaire. Cette dimension est essentielle dans une région où les aléas climatiques peuvent affecter simultanément la santé, les revenus, l’agriculture, l’accès à l’eau et les conditions de vie des ménages.

À travers SAP055, le Bénin mise donc sur une approche intégrée de l’adaptation climatique, associant prévention sanitaire, résilience des infrastructures, accès à l’énergie et à l’eau et mobilisation communautaire. Dans la vallée de l’Ouémé, l’enjeu est désormais de mieux anticiper les conséquences d’un climat de plus en plus imprévisible afin de réduire la vulnérabilité des populations et de préserver durablement leur santé et leurs moyens de subsistance.


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