AGRICULTURE DURABLE ET PRÉSERVATION DES RESSOURCES : Les primes agricoles poussent aussi les producteurs vers de meilleures pratiques au Bénin

Au Bénin, les producteurs de coton, de riz, d’anacarde et de soja sont désormais mieux informés sur les conditions à remplir pour bénéficier des primes agricoles annoncées par le gouvernement. Réunis les 26 et 27 août 2026 à Dassa-Zoumé et Parakou, les représentants des producteurs ont été sensibilisés sur les exigences liées à la production, à la transformation et à la commercialisation. Parmi ces obligations figurent notamment le respect des bonnes pratiques agricoles et des règles d’utilisation des produits phytosanitaires, des dispositions qui peuvent contribuer à une agriculture plus responsable vis-à-vis des sols et des ressources naturelles.

Les agriculteurs Légende : Les agriculteurs

Les primes agricoles annoncées par le gouvernement ne reposent pas uniquement sur des objectifs de production. Elles s’accompagnent également d’un ensemble d’exigences destinées à mieux encadrer les activités des producteurs. C’est le message porté par la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin), qui a réuni les faîtières des producteurs de coton, de riz, d’anacarde et de soja les 26 et 27 août 2026 à Dassa-Zoumé puis à Parakou.

Pour bénéficier des dispositifs annoncés, les exploitants devront notamment respecter les calendriers culturaux, appliquer les bonnes pratiques agricoles et déclarer de manière sincère leurs superficies ainsi que leurs prévisions de récolte. Ils sont également appelés à conserver les documents permettant de justifier la réalité de leur activité.

Des pratiques agricoles au cœur des conditions d’accès aux primes

Au-delà de l’objectif d’augmenter les volumes de production, ces exigences mettent en avant la nécessité d’une meilleure organisation des exploitations. Le respect des bonnes pratiques agricoles constitue notamment un enjeu pour la préservation des terres agricoles, alors que la productivité à long terme dépend largement de la capacité à maintenir la fertilité des sols.

La gestion des produits phytosanitaires figure également parmi les points de vigilance. Les producteurs doivent notamment respecter les délais d’utilisation de ces produits.

Cette disposition revêt un intérêt particulier sur le plan environnemental. Une utilisation maîtrisée des produits phytosanitaires contribue en effet à limiter les risques liés aux résidus dans les cultures et à réduire la pression potentielle exercée sur les sols, l’eau et les organismes utiles aux écosystèmes agricoles.

Récolter, sécher et stocker dans de meilleures conditions

Les exigences concernent également les étapes qui suivent la production. Les producteurs doivent notamment récolter au bon stade, assurer un séchage et un stockage conformes aux taux d’humidité requis et procéder à un tri permettant de limiter les impuretés.

Ces pratiques contribuent à préserver la qualité des produits et à réduire les pertes après récolte. Une meilleure conservation permet ainsi de valoriser davantage la production obtenue sans nécessairement accroître les superficies cultivées, ce qui peut participer indirectement à une utilisation plus efficiente des terres agricoles.

La traçabilité pour mieux structurer les filières

La dimension environnementale se prolonge jusque dans la commercialisation. La CNA-Bénin encourage les producteurs à privilégier les circuits formels, à respecter leurs engagements avec les acheteurs et à conserver les preuves de livraison et de paiement. Les transactions non documentées, susceptibles de compromettre la traçabilité des filières, sont déconseillées.

Une meilleure traçabilité permet notamment de renforcer la transparence dans les chaînes de valeur agricoles. Elle peut également faciliter, à terme, le suivi des pratiques de production et l’identification des acteurs respectant les normes et exigences applicables aux différentes filières.

Des primes liées à des objectifs de production ambitieux

Les conditions annoncées s’inscrivent dans le cadre des primes décidées en Conseil des ministres. Pour le coton, une prime de 10 FCFA par kilogramme est prévue si la production nationale dépasse 700 000 tonnes au cours de la campagne 2026-2027. Pour le soja, le riz et l’anacarde, les primes sont liées à des capacités de transformation locale respectivement fixées à 450 000 tonnes, 350 000 tonnes et 200 000 tonnes.

Le défi est particulièrement important pour le coton. La production béninoise avait atteint 533 590 tonnes lors de la campagne 2025-2026, soit un recul de 16,3 % en un an, selon le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique.

Dans ce contexte, l’augmentation de la production devra aller de pair avec une gestion durable des ressources agricoles. L’enjeu consiste à éviter qu’une recherche accrue de rendement ne se traduise par une pression supplémentaire sur les terres, l’eau ou les écosystèmes.

Produire davantage tout en préservant les ressources

La CNA-Bénin appelle par ailleurs les producteurs à orienter prioritairement leurs matières premières vers les unités de transformation installées au Bénin. Cette orientation est présentée comme un moyen de renforcer la souveraineté agricole et de favoriser la création d’emplois.

Pour que cette dynamique soit durable, la performance des filières devra toutefois être accompagnée d’une attention accrue à la protection de l’environnement. L’amélioration des rendements, la limitation des pertes, le respect des bonnes pratiques agricoles et une utilisation responsable des produits phytosanitaires constituent autant de leviers permettant de produire davantage sans compromettre les ressources nécessaires aux générations futures.

Avec les séances de sensibilisation annoncées dans les prochaines semaines, l’objectif est désormais de faire connaître ces mesures dans l’ensemble des bassins de production concernés.


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