ÉGYPTE : La BERD veut mobiliser 192 millions de dollars pour un parc éolien de 900 MW

L’Égypte continue d’accélérer le développement de ses capacités renouvelables en s’appuyant sur les investissements privés et les financements internationaux. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) prévoit de mobiliser 192 millions de dollars pour accompagner la construction du parc éolien de Shadwan, d’une capacité de 900 MW, développé par le groupe norvégien Scatec. D’un coût global estimé à 1 milliard de dollars, le projet doit contribuer aux ambitions du Caire de porter la part des renouvelables dans son mix électrique à 42 % d’ici 2030.

Panneau solaire Légende : Panneau solaire

L’Égypte poursuit sa course aux énergies renouvelables. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé, vendredi 14 août, son intention de mobiliser 192 millions de dollars en faveur du projet éolien de Shadwan, développé par le groupe énergétique norvégien Scatec. D’une capacité de 900 MW, cette future infrastructure sera implantée à Ras Shukeir, dans le gouvernorat de la mer Rouge.

Le financement de la BERD, qui doit encore recevoir l’approbation de son conseil d’administration, doit contribuer à la construction et à l’exploitation du parc. Le coût total du projet est estimé à 1 milliard de dollars, ce qui en fait l’un des investissements majeurs attendus dans le secteur éolien égyptien.

Un financement destiné à réduire les risques

Pour faciliter la mobilisation des capitaux privés, le projet devrait bénéficier d’une garantie couvrant le risque de première perte dans le cadre du programme Hi-Bar du Fonds européen pour le développement durable plus (EFSD+). Ce mécanisme vise notamment à réduire les risques associés aux projets complexes liés au climat et à la transition énergétique, afin d’attirer davantage d’investisseurs privés.

L’électricité produite par le parc de Shadwan sera injectée dans le réseau électrique national égyptien. Pour sécuriser les revenus du projet, Scatec a déjà signé, en juin 2025, un contrat d’achat d’électricité de 25 ans avec la Société égyptienne de transport d’électricité (EETC).

Le projet s’inscrit également dans le programme égyptien « Nexus of Water, Food, and Energy », dont le volet énergétique est piloté par la BERD. Cette initiative vise notamment à favoriser le développement de 10 GW de nouvelles capacités renouvelables privées d’ici 2028, en renforçant la participation du secteur privé à la transformation du système énergétique égyptien.

Le vent et le solaire au cœur de la stratégie

Avec Shadwan, l’Égypte entend renforcer une filière éolienne déjà appelée à prendre une place importante dans son mix électrique. Le pays vise 42 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030, puis environ 60 % à l’horizon 2040.

Les perspectives de croissance sont particulièrement importantes pour le solaire et l’éolien. Selon GlobalData, les capacités solaires installées en Égypte pourraient passer d’environ 2,9 GW en 2025 à 34,3 GW en 2035. Dans le même temps, les capacités éoliennes pourraient atteindre 15,1 GW, contre environ 3 GW en 2025.

Cette montée en puissance doit permettre au pays de diversifier son bouquet électrique, de réduire progressivement sa dépendance aux combustibles fossiles et de mieux répondre à une demande d’électricité en croissance. Elle s’accompagne également d’une volonté de positionner l’Égypte comme un hub régional des énergies propres, notamment pour l’exportation future d’électricité renouvelable et d’hydrogène vert.

Scatec multiplie les projets renouvelables

Le parc de Shadwan vient compléter un portefeuille déjà important de projets développés par Scatec en Égypte. Le groupe norvégien a notamment mis en service, le 12 août, la phase finale du projet Obelisk, présenté comme l’un des plus grands projets combinant solaire et stockage d’énergie en Afrique.

Obelisk dispose désormais d’une capacité totale de 1,1 GW de solaire, associée à 200 MWh de stockage par batteries. Cette combinaison permet de mieux gérer l’intermittence de la production solaire et de fournir une électricité plus stable au réseau.

Scatec développe également le projet solaire de Dandara, destiné à alimenter en électricité renouvelable Egypt Aluminium Company (Egyptalum). Le complexe devrait associer 1 GW de capacité solaire à un système de stockage de 200 MWh.

À travers ces différents projets, l’Égypte confirme ainsi son ambition de faire du secteur privé et des partenariats internationaux des moteurs de sa transition énergétique. Le financement envisagé par la BERD pour Shadwan illustre cette stratégie : attirer des capitaux, réduire les risques d’investissement et accélérer le déploiement de grandes capacités renouvelables pour transformer durablement le mix électrique du pays.


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