L’Égypte franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique et d’industrialisation. Le groupe chinois Sungrow Power Supply a lancé la construction d’une usine de systèmes de stockage d’énergie de 50 millions de dollars dans la Zone économique du canal de Suez. Présentée comme la première infrastructure de ce type au Moyen-Orient et en Afrique, l’unité doit contribuer à renforcer la stabilité du réseau électrique égyptien tout en favorisant l’intégration croissante du solaire et de l’éolien.
Légende : Panneau solaire
L’Égypte veut désormais aller au-delà de la simple production d’électricité renouvelable. Le pays cherche à développer localement les technologies nécessaires à sa transition énergétique et à capter une part plus importante de la chaîne de valeur des énergies propres. C’est dans cette dynamique que le groupe chinois Sungrow Power Supply a posé, lundi 17 août, la première pierre d’une nouvelle usine consacrée aux systèmes de stockage d’énergie, pour un investissement annoncé de 50 millions de dollars.
Implantée au sein du pôle industriel sino-égyptien TEDA-Égypte, dans la Zone économique du canal de Suez, cette infrastructure est présentée comme la première usine de fabrication de systèmes de stockage d’énergie de son genre au Moyen-Orient et en Afrique. Le projet s’inscrit ainsi dans la volonté des autorités égyptiennes de renforcer la production industrielle locale, d’attirer des investissements dans les technologies de pointe et de mieux intégrer le pays aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Au-delà de son intérêt industriel, l’usine devrait jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique de l’Égypte. En effet, le développement rapide des capacités solaires et éoliennes pose la question de la gestion de leur production, qui varie en fonction de l’ensoleillement et des conditions météorologiques. Les systèmes de stockage permettent justement de conserver l’électricité produite lorsque les ressources renouvelables sont disponibles, puis de la restituer lorsque la demande augmente ou que la production baisse.
Présent à la cérémonie de lancement, le ministre égyptien de l’Industrie, Khaled Hashem, a souligné que le projet devrait contribuer à la transition vers une énergie plus propre, tout en renforçant la stabilité du réseau électrique national. Pour Mostafa Shekoun, président de la Zone économique du canal de Suez, l’investissement de Sungrow constitue également une étape importante vers la localisation de la production de solutions de stockage et le développement d’une industrie nationale des énergies renouvelables.
Cette orientation intervient alors que l’Égypte affiche des ambitions importantes en matière d’énergies renouvelables. Le pays vise une part de 42 % de renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030, puis plus de 60 % d’ici 2040. En 2025, les autorités faisaient état de plus de 25 000 MW de capacités renouvelables déjà en service ou en cours de développement.
Parallèlement à l’augmentation de ses capacités renouvelables, l’Égypte accélère la modernisation et l’extension de son réseau électrique. Une deuxième phase de développement comprendrait environ 105 projets, selon les autorités chargées de l’électricité. Le stockage apparaît donc comme un maillon essentiel pour absorber les nouvelles capacités solaires et éoliennes et garantir une alimentation électrique plus stable.
L’enjeu dépasse toutefois les frontières égyptiennes. Le Caire ambitionne de devenir un hub régional des énergies renouvelables, avec notamment des projets destinés à favoriser l’exportation d’électricité verte et, à terme, d’hydrogène vert vers l’Europe. Dans cette perspective, disposer d’une industrie locale capable de produire des équipements de stockage pourrait renforcer la compétitivité du pays et réduire sa dépendance aux importations de technologies énergétiques.
Pour Sungrow, cet investissement constitue également une nouvelle étape dans son expansion internationale. Le groupe chinois est spécialisé notamment dans les onduleurs solaires, les systèmes de stockage d’énergie, les solutions pour l’éolien, les bornes de recharge pour véhicules électriques ainsi que les technologies liées à l’hydrogène vert et au photovoltaïque flottant.
Ainsi, avec cette usine de 50 millions de dollars, l’Égypte entend faire du stockage d’énergie non seulement un outil pour accompagner la montée en puissance des renouvelables, mais aussi un nouveau levier d’industrialisation et de souveraineté technologique.