Dans la commune de N’Dali département du Borgou, l’accès à l’eau potable franchit une étape majeure avec la mise en service du Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-Villages (SAEPmV) de Ouénou 2. Réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR), cet ouvrage desservira les localités de Ouénou, Ouénou-Peulh et Tamarou, soit une population de référence de 26 213 habitants en 2024, projetée à 52 363 habitants à l’horizon 2044. Au-delà des infrastructures, le défi est désormais de garantir un service public continu, fiable et accessible à tous.
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Le SAEPmV de Ouénou 2 constitue l’un des investissements structurants du Programme d’Actions du Gouvernement dans le secteur de l’eau. Dimensionné pour accompagner la croissance démographique, il comprend six forages, cinq stations de pompage, un château d’eau de 500 m³ culminant à 24 mètres sous cuve, 40 bornes-fontaines ainsi qu’un réseau de 110,95 kilomètres de canalisations assurant la production, le transport et la distribution de l’eau potable.
Une rupture avec des années de précarité
Pour les populations de l’arrondissement de Ouénou, cette réception provisoire marque bien plus que la fin d’un chantier. Elle symbolise la fin progressive d’une longue période durant laquelle les ménages dépendaient de sources d’eau souvent insalubres ou insuffisantes. Les femmes et les enfants étaient les premiers touchés par les corvées d’eau, parcourant parfois de longues distances pour s’approvisionner. « Nous avons pour habitude d’utiliser des eaux souillées dans notre quotidien. C’est donc une grande joie qui m’anime du fait que le Gouvernement ait pensé à l’arrondissement pour régler une fois pour toutes ce problème d’indisponibilité d’eau potable. » — Chef de l’arrondissement de Ouénou. Ce témoignage illustre l’ambition de la réforme engagée depuis 2017 : passer d’ouvrages isolés à un véritable service public de l’eau, intégrant la production, le stockage, la distribution, la maintenance et la relation avec les usagers.
Une infrastructure pensée pour l’avenir
Le système a été conçu selon une logique évolutive. Les six forages actuellement exploités offrent un débit cumulé de 71 m³ par heure, suffisant pour couvrir les besoins à moyen terme, estimés à 69,1 m³/h. À l’horizon 2044, les besoins atteindront 126,2 m³/h, ce qui implique une planification continue des capacités de production. Le réseau est également doté de 130 vannes d’isolement, 36 dispositifs de vidange, 36 ventouses et de réservoirs anti-bélier destinés à protéger les installations contre les variations de pression. Ces équipements techniques, souvent invisibles pour les usagers, sont essentiels à la durabilité et à la qualité du service.
Des bornes-fontaines au robinet familial
À ce jour, 40 bornes-fontaines sont opérationnelles et permettront un accès de proximité à l’eau potable. Toutefois, l’objectif va plus loin : favoriser les branchements particuliers afin que chaque ménage puisse disposer d’un robinet à domicile. Le Chef de l’arrondissement a annoncé des actions de sensibilisation pour encourager les habitants à déposer leurs demandes de raccordement. Cette démarche est facilitée par la subvention nationale qui ramène les frais d’abonnement à 10 000 FCFA, contre 85 000 FCFA auparavant. « Nous disons un grand merci au Gouvernement, surtout pour la subvention des branchements domiciliaires qui est de 10 000 francs CFA. » — Alassane Rachida, représentante des femmes de la localité
Le défi de la qualité du service
Avec la réception provisoire, une nouvelle phase s’ouvre. L’exploitation du réseau est désormais confiée au fermier Omilayé, chargé d’assurer la distribution quotidienne, l’entretien des équipements et la maintenance des installations. Le véritable succès du SAEPmV de Ouénou 2 se mesurera désormais à la continuité du service, à la qualité de l’eau distribuée, à la rapidité des réparations, à la réduction des fuites et à l’extension des branchements domiciliaires. Pour la commune de N’Dali, ce sixième SAEPmV opérationnel renforce le maillage hydraulique territorial et rapproche un peu plus le Bénin de son ambition d’un accès universel à l’eau potable en milieu rural.