L’Égypte franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique en misant sur le stockage de l’électricité. Le groupe chinois Sungrow Power Supply a posé, le 17 août 2026, la première pierre d’une usine de systèmes de stockage d’énergie évaluée à 50 millions de dollars, avec l’ambition de renforcer les capacités industrielles locales et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables au réseau.
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L’Égypte veut désormais aller au-delà de la production d’électricité renouvelable. Alors que le pays ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 42 % de son mix électrique d’ici 2030, puis à plus de 60 % à l’horizon 2040, il cherche également à développer localement les technologies indispensables à cette transition.
C’est dans cette dynamique que Sungrow Power Supply a posé, lundi 17 août, la première pierre d’une nouvelle usine consacrée aux systèmes de stockage d’énergie. L’investissement, estimé à 50 millions de dollars, sera réalisé au sein du pôle industriel sino-égyptien TEDA-Égypte, dans la Zone économique du canal de Suez.
Présenté comme le premier projet industriel de ce type au Moyen-Orient et en Afrique, le site devrait contribuer à renforcer la place de l’Égypte dans les chaînes de valeur mondiales des technologies propres. Il s’inscrit ainsi dans la stratégie industrielle du pays, qui cherche à attirer davantage d’investissements dans les technologies de pointe tout en développant une base manufacturière compétitive.
L’enjeu dépasse toutefois la seule industrialisation. Avec l’augmentation rapide des capacités solaires et éoliennes, le stockage devient un maillon essentiel pour assurer la stabilité des réseaux électriques. Les batteries permettent notamment de conserver l’électricité produite lorsque les ressources renouvelables sont disponibles, avant de la restituer lorsque la demande augmente ou que la production solaire et éolienne diminue.
Lors de la cérémonie de pose de la première pierre, le ministre égyptien de l’Industrie, Khaled Hashem, a souligné que le projet devrait soutenir la transition du pays vers une énergie plus propre, notamment en renforçant la stabilité du réseau et sa capacité à accueillir des volumes croissants d’électricité renouvelable.
Pour Mostafa Shekoun, président de la Zone économique du canal de Suez, l’implantation de cette usine constitue également une avancée vers la localisation de la production des systèmes de stockage et le développement de l’industrie égyptienne des énergies renouvelables.
Avec cet investissement, l’Égypte cherche donc à construire progressivement une chaîne de valeur locale autour des énergies propres. La production de systèmes de stockage sur son territoire pourrait, à terme, réduire sa dépendance aux importations tout en favorisant le transfert de technologies et la création d’activités industrielles liées aux énergies renouvelables.
Le pays dispose déjà d’un important portefeuille de projets renouvelables. En 2025, plus de 25 000 MW de capacités renouvelables étaient en service ou en cours de développement, selon des données officielles. Parallèlement, les autorités poursuivent le renforcement du réseau électrique afin d’accompagner la montée en puissance de la production solaire et éolienne.
Cette stratégie répond également à une ambition régionale. En développant ses infrastructures électriques et ses capacités renouvelables, l’Égypte entend se positionner comme un hub régional de l’énergie verte, avec notamment des perspectives d’exportation d’électricité renouvelable et d’hydrogène vert vers l’Europe.
Pour Sungrow, l’investissement égyptien représente également une opportunité d’accroître sa présence sur un marché appelé à jouer un rôle important dans la transition énergétique africaine. Le groupe chinois est spécialisé dans les solutions liées aux énergies renouvelables, notamment les onduleurs photovoltaïques, les systèmes de stockage d’énergie et les technologies de conversion électrique.
Ainsi, l’usine de 50 millions de dollars pourrait marquer un tournant dans la stratégie énergétique égyptienne : produire davantage d’électricité verte, mais aussi fabriquer sur place les technologies nécessaires pour la stocker et l’intégrer au réseau. Une orientation qui illustre la volonté croissante des pays africains de ne plus se limiter à l’exploitation des ressources énergétiques, mais de capter une part plus importante de la valeur industrielle créée par la transition énergétique.