Le Réseau des Jeunes Engagés pour un Environnement Durable au Bénin (RéJEED Bénin) a officiellement lancé le projet Clean Energy4SHE, ce vendredi 14 août 2026, dans l’arrondissement central de Lokossa. Cette initiative est financée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à travers le Youth4Climate Financial Award 2025. Déployé dans les communes de Lokossa, Comè et Grand-Popo, le projet entend promouvoir l’utilisation de foyers améliorés pour un fumage du poisson plus sûr, plus sain et plus rentable au profit des femmes mareyeuses.
Légende : Photo de famille @DSG média
En faisant du département du Mono son territoire d’intervention, le projet répond à une réalité économique et sociale majeure : la pêche et la transformation du poisson constituent l’une des principales sources de revenus de nombreuses femmes, mais cette activité demeure fortement dépendante de méthodes traditionnelles aux conséquences préoccupantes sur la santé, les revenus et l’environnement.
Un diagnostic qui révèle l’urgence d’agir
Avant le lancement, une enquête de référence menée auprès de 144 femmes dans les trois communes a permis d’identifier les principaux défis du secteur. Selon Malick Dine OLOUDE, Secrétaire Général du RéJEED Bénin : « Les résultats sont sans équivoque : 92 % des femmes subissent une exposition intense à la fumée, 67 % dénoncent une consommation excessive de bois, tandis que 73 % ignorent encore l’existence des technologies de cuisson propre. Le bois demeure le combustible utilisé par 97 % des transformatrices, avec des dépenses mensuelles importantes qui réduisent considérablement leurs bénéfices. »
Ces données ont servi de fondement à une approche intégrée articulée autour de quatre volets dont le déploiement de fours améliorés, la formation d’artisans locaux, la création d’une plateforme numérique de commercialisation et un plaidoyer en faveur de l’intégration de la cuisson propre dans les Plans de Développement Communal.
Une réponse durable portée par RéJEED Bénin
Pour Azantchégbé Grace Esquil MEKPOE, Coordonnateur du projet CLEAN ENERGY4SHE IN BENIN et Directeur Exécutif de RéJEED Bénin, l’ambition dépasse largement la simple distribution d’équipements.
En effet, le projet vise à améliorer durablement les conditions de fumage du poisson grâce à la sensibilisation, au renforcement des capacités et à l’introduction de fours améliorés. Il prévoit également l’éveil des enfants aux enjeux climatiques, « la formation de 50 artisans, l’installation de 12 fours améliorés et la création d’une plateforme numérique destinée à valoriser les produits des femmes mareyeuses ». Ledit projet s’étendra sur deux ans, avec pour objectif d’accompagner directement 240 femmes réparties dans 12 coopératives, tout en générant près de 1 180 bénéficiaires directs à travers ses différentes composantes.
Une innovation adaptée aux réalités du Mono
En lançant officiellement cette initiative, Bassel ALKARI, Président de RéJEED Bénin, rappelle que le choix du Mono n’est pas le fruit du hasard. Selon lui, les femmes mareyeuses de Grand-Popo, Comè et Lokossa sont quotidiennement confrontées à des techniques de fumage qui exposent leur santé, accélèrent la consommation du bois-énergie et dégradent les écosystèmes. Clean Energy4SHE veut donc promouvoir des solutions de fumage plus propres, plus sûres et plus durables, avec l’ambition d’en faire un modèle reproductible au Bénin. « Le projet entend renforcer les compétences des artisans locaux afin d’assurer la construction, l’entretien et la maintenance des fours, créant ainsi de nouvelles opportunités d’emplois verts », a-t-il déclaré.
Des partenaires mobilisés pour la transition énergétique
Partenaire technique de l’initiative, Carin ATONDE, Directeur Exécutif de JVE Bénin, voit dans Clean Energy4SHE une convergence entre transition énergétique, protection de l’environnement, autonomisation des femmes et développement local durable. Il a affirmé que : « JVE Bénin mettra son expertise au service de l’adoption des fours améliorés et accompagnera les bénéficiaires afin que ces nouvelles pratiques deviennent des solutions durables, adaptées aux réalités des femmes transformatrices de poisson. »
Le projet bénéficie également de l’accompagnement des services déconcentrés de l’État et des collectivités territoriales, considérés comme des acteurs essentiels de sa réussite.
L’engagement des autorités pour assurer la pérennité
Présent au lancement, Séraphin ACCLOMBESSI, Chef Division Coopératives à la Direction Départementale de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) du Mono, estime que cette initiative apporte une réponse concrète aux enjeux environnementaux liés au fumage traditionnel. Il souligne que les fours améliorés permettront non seulement de préserver les ressources naturelles, mais aussi de réduire le temps de travail des femmes. La Direction départementale poursuivra son accompagnement à travers la vie associative, la gestion des coopératives et l’éducation financière.
Même engagement du côté de la commune de Comè. Coovi Reynald José EDOH, Premier Adjoint au Maire, assure que le conseil communal accompagnera le projet bien au-delà de sa période de financement. Pour lui, la pérennisation des bonnes pratiques est indispensable afin de protéger durablement les mangroves, les forêts et la santé des populations.
L’espoir renaît chez les bénéficiaires
Les premières bénéficiaires accueillent le projet avec enthousiasme. Affoussa SODAHOUE, Membre de la Coopérative Gbénondou, voit dans cette initiative un véritable soulagement face aux difficultés quotidiennes du métier. Pour Aline HOUEDJIHOUNDE, Membre de la Coopérative Mianbloe , les fours améliorés représentent une véritable révolution. Ils permettront de poursuivre le fumage même pendant la pluie, de réduire l’exposition à la fumée, de limiter la consommation de bois et de rendre l’activité plus rentable tout en protégeant la santé des femmes et l’environnement.
Une transition qui allie climat, santé et développement
À travers Clean Energy4SHE, RéJEED Bénin et ses partenaires proposent une réponse intégrée aux défis de la transformation artisanale du poisson. En combinant innovation technologique, formation, inclusion numérique, plaidoyer institutionnel et autonomisation économique, le projet ambitionne de faire du Mono un territoire pilote de la cuisson propre au Bénin. Au terme des deux années de mise en œuvre, l’objectif est clair : des coopératives mieux équipées, des femmes en meilleure santé, des revenus renforcés, des artisans qualifiés et des collectivités pleinement engagées dans une gouvernance locale favorable à la transition énergétique et au développement durable.