Encore largement tributaire des importations d’électricité, l’Eswatini accélère sa stratégie de production locale à partir des énergies renouvelables. Le pays a lancé, le 6 août, la construction de la centrale solaire photovoltaïque de Nsoko, d’une capacité de 10 MW, portée par le producteur indépendant InnoVent. Avec un investissement d’environ 12,3 millions de dollars, cette infrastructure doit contribuer à renforcer l’offre nationale tout en réduisant progressivement la dépendance énergétique du royaume.
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L’Eswatini veut davantage compter sur ses propres capacités pour répondre à ses besoins en électricité. C’est dans cette perspective que les travaux de la centrale solaire photovoltaïque de Nsoko ont officiellement démarré le 6 août. Développé par InnoVent, le projet représente un investissement estimé à 200 millions de lilangenis, soit environ 12,3 millions de dollars, et devrait produire près de 26 GWh d’électricité par an.
Au-delà de l’augmentation de l’offre électrique, la centrale devrait également produire des retombées économiques et sociales. Selon l’Autorité de régulation de l’énergie de l’Eswatini (ESERA), l’installation pourra fournir une quantité d’électricité correspondant aux besoins de plus de 20.000 personnes. Sa construction devrait par ailleurs générer plus de 80 emplois, tandis que 10 postes permanents sont prévus une fois la centrale opérationnelle.
Surtout, le projet de Nsoko constitue une pièce du programme national de 75 MW de solaire photovoltaïque développé avec des producteurs indépendants. Cette initiative découle d’une décision gouvernementale prise en 2018 et vise à accroître la production électrique nationale tout en limitant la dépendance du pays vis-à-vis des fournisseurs extérieurs. Le recours aux producteurs indépendants doit ainsi permettre de mobiliser davantage de capitaux privés pour accélérer le développement des capacités renouvelables.
L’urgence de cette stratégie s’explique par la situation actuelle du système électrique. Au cours de l’exercice 2024/2025, l’Eswatini Electricity Company (EEC) n’a produit que 281 GWh dans ses propres centrales, contre 978,6 GWh d’électricité importée. Cette forte dépendance expose le pays aux fluctuations des prix de l’électricité sur les marchés régionaux et limite sa marge de manœuvre en matière de sécurité énergétique.
Dans ce contexte, le solaire apparaît comme une opportunité particulièrement stratégique pour l’Eswatini. Le développement de nouvelles centrales photovoltaïques doit permettre au pays de diversifier son bouquet énergétique et de valoriser une ressource renouvelable disponible localement. Pour l’ESERA, le lancement des travaux de Nsoko traduit également la confiance des investisseurs dans le secteur énergétique du royaume.
« Cette étape démontre la confiance que les investisseurs continuent d’accorder au secteur énergétique de l’Eswatini », a déclaré Skhumbuzo Tsabedze, directeur général de l’ESERA, lors du lancement du projet. Cette implication du secteur privé pourrait être déterminante pour concrétiser les ambitions nationales et accélérer la mise en service des différentes capacités prévues dans le programme solaire.
À terme, la montée en puissance des projets photovoltaïques devrait donc permettre à l’Eswatini de réduire progressivement ses achats d’électricité à l’extérieur. Ainsi, avec Nsoko et les autres projets prévus dans le programme des 75 MW, le royaume cherche à transformer le solaire en un outil de souveraineté énergétique, de réduction des coûts et de résilience face aux évolutions du marché régional de l’électricité.