FSM COTONOU 2026 : Les savoirs endogènes au cœur des alternatives au colonialisme carbone

Dans le cadre du Forum Social Mondial Cotonou 2026, un atelier organisé ce samedi 8 août 2026 dans l’amphithéâtre Amoussouga a réuni des participants autour du thème « Femme du secteur informel, autonomisation économique et souveraineté alimentaire ». Les échanges ont notamment permis de mettre en lumière les enjeux liés au carbone, au marché carbone, à la REDD+ et à la préservation des moyens de subsistance des communautés.

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La question de la justice environnementale s’est une nouvelle fois invitée au cœur des discussions du Forum Social Mondial Cotonou 2026. Ce samedi 8 août, dans l’amphithéâtre Amoussouga, les participants à cet atelier ont abordé les défis auxquels sont confrontées les communautés, particulièrement en matière d’accès à la terre, de souveraineté alimentaire et de protection des ressources naturelles. Parmi les intervenants, Kwami KPONDZO, Directeur Exécutif du Centre pour la justice environnementale du Togo, a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les mécanismes du marché carbone et les projets REDD+, ainsi que leurs conséquences sur les communautés.

Le carbone, au cœur des préoccupations

Pour Kwami KPONDZO, les discussions ont permis de mieux comprendre ce qu’il qualifie de « colonialisme carbone ». Selon lui, la promotion des crédits carbone et des projets REDD+ peut permettre aux grands pollueurs de continuer leurs activités polluantes au lieu de s’attaquer directement aux causes du dérèglement climatique. « Plus on rentre dans ces projets REDD+ et les projets de marché carbone, on donne l’avantage aux pollueurs de continuer à ne pas polluer », explique-t-il, soulignant les impacts que ces mécanismes peuvent avoir sur les communautés. Pour l’intervenant, la crise climatique doit également être analysée à travers le modèle économique dominant. Il estime que la recherche du profit, l’exploitation de la nature et celle des peuples contribuent à l’aggravation de la crise climatique.

La sortie de cette crise passe donc, selon lui, par une véritable décarbonisation, notamment à travers la réduction de la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, principales sources des émissions de carbone évoquées au cours de la session. « La terre et une ressource essentielle pour les communautés » Au-delà de la question climatique, les échanges ont mis l’accent sur les conséquences du marché carbone et des projets REDD+ sur les moyens de subsistance des communautés. La terre constitue en effet une ressource fondamentale pour de nombreuses populations qui en dépendent pour l’agriculture, les semences et la transmission des connaissances. Dans ce contexte, l’accaparement des terres représente une préoccupation majeure. Face à ces défis, Kwami KPONDZO plaide pour une meilleure prise en compte des connaissances et savoirs endogènes et locaux des communautés. Il appelle notamment à promouvoir l’agroécologie, présentée comme une pratique permettant de développer l’agriculture en harmonie avec la nature.

Promouvoir la conservation communautaire des forêts

La même logique est défendue pour la protection des forêts. Selon l’intervenant, les communautés disposent depuis longtemps de savoirs traditionnels et de méthodes locales leur permettant de conserver les espaces forestiers. La forêt représente pour elles bien plus qu'une simple ressource naturelle. Elle constitue notamment une source de produits et de soins, décrite comme une véritable « pharmacie » pour les communautés. D’où l’appel à promouvoir une conservation communautaire des forêts, fondée sur les savoirs traditionnels et les connaissances locales.

Pour une justice environnementale

En guise de message aux communautés, Kwami KPONDZO appelle à une mobilisation en faveur des solutions portées par les peuples eux-mêmes, notamment l’agroécologie et la gestion communautaire des forêts. L’objectif affiché est également de remettre en question les mécanismes et modèles qui, selon les participants, contribuent à l’accaparement des terres et à la dégradation de l’environnement. Les revendications portées au cours de la session se résument notamment autour de plusieurs mots d’ordre : non à l’accaparement des terres, oui à la justice environnementale, oui à la valorisation des connaissances endogènes et traditionnelles dans la conservation des forêts. À travers ces échanges, le FSM Cotonou 2026 offre ainsi un espace de réflexion sur des alternatives fondées sur les savoirs des communautés, l’agroécologie et la conservation communautaire des forêts, dans la perspective d’une relation plus harmonieuse entre les peuples et la nature.



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