Présenté comme l’un des projets énergétiques les plus ambitieux du Mozambique, le barrage hydroélectrique de Mphanda Nkuwa connaît un nouveau report de calendrier. Initialement attendu autour de 2031-2032, le projet de 1 500 MW ne devrait finalement produire ses premiers kilowattheures qu’en 2034. Ce nouveau délai s’accompagne également d’une hausse significative de son coût, désormais estimé entre 6 et 7 milliards de dollars.
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Le calendrier du projet hydroélectrique de Mphanda Nkuwa connaît un nouveau glissement au Mozambique. Alors que les précédentes projections envisageaient une mise en service en 2031 ou 2032, le gouvernement mozambicain prévoit désormais une première production d’électricité en 2034. L’information, rapportée le 5 août par Club of Mozambique, intervient alors que le pays cherche à accélérer l’exploitation de son important potentiel hydroélectrique.
Selon le nouveau calendrier communiqué par le Bureau d’information du gouvernement mozambicain (Gabinfo), les études et différentes étapes préparatoires devraient s’achever en 2028. Les travaux de construction commenceraient ensuite en 2029, avant une première production électrique prévue cinq ans plus tard. Les autorités n’ont toutefois pas précisé les raisons exactes de ce nouveau report.
Un investissement revu à la hausse
Au-delà du calendrier, c’est également le coût du projet qui évolue. L’investissement nécessaire est désormais évalué entre 6 et 7 milliards de dollars, contre une estimation comprise auparavant entre 5 et 5,5 milliards de dollars. Cette augmentation témoigne de l’ampleur financière d’une infrastructure appelée à jouer un rôle majeur dans la stratégie énergétique du Mozambique et, plus largement, dans l’approvisionnement de l’Afrique australe.
Malgré ce coût élevé, le gouvernement mozambicain anticipe d’importantes retombées économiques. Sur toute la durée de vie du barrage, les recettes publiques pourraient atteindre environ 14 milliards de dollars, à travers notamment les taxes, les redevances et les dividendes.
Le chantier devrait par ailleurs générer entre 6 000 et 7 000 emplois directs pendant sa construction. Une fois l’installation mise en service, environ 3 000 emplois permanents devraient être maintenus, avec un objectif de 95 % de postes occupés par des travailleurs mozambicains.
Le financement reste un défi majeur
Le principal défi demeure toutefois la mobilisation des financements nécessaires. Avec plusieurs milliards de dollars à réunir, Mphanda Nkuwa doit encore sécuriser une partie de son montage financier. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale travaillent notamment à la mise en place de mécanismes susceptibles de rassurer les investisseurs privés et les établissements bancaires.
Cette question est déterminante pour un projet de cette envergure. Les infrastructures hydroélectriques nécessitent en effet des investissements considérables, tandis que leur rentabilité s’inscrit généralement sur plusieurs décennies. Les garanties publiques et celles apportées par les institutions financières internationales peuvent donc être essentielles pour attirer les capitaux privés.
Le développement du projet n’est cependant pas resté au point mort. En mai 2024, EDF, TotalEnergies et Hidroeléctrica de Cahora Bassa ont été sélectionnés pour participer à son développement. De leur côté, Electricidade de Moçambique (EDM) et Hidroeléctrica de Cahora Bassa disposent chacune de la possibilité de prendre jusqu’à 15 % du capital du projet, conformément à une autorisation gouvernementale datant de juillet 2025.
1 500 MW pour renforcer l’offre électrique régionale
Mphanda Nkuwa doit être construit sur le fleuve Zambèze, dans la province de Tete, à environ 60 kilomètres en aval du barrage de Cahora Bassa. Avec une capacité prévue de 1 500 MW, l’infrastructure doit contribuer à renforcer considérablement la production électrique du Mozambique.
Mais l’ambition dépasse les frontières nationales. Le Mozambique souhaite utiliser cette nouvelle capacité pour consolider sa position de fournisseur d’électricité en Afrique australe. Une ligne de transmission d’environ 1 300 kilomètres est ainsi prévue afin d’acheminer l’électricité vers les principaux centres urbains du pays et certains marchés voisins.
Cette orientation répond également aux besoins croissants de la région. Selon les données citées par la Banque mondiale, l’Afrique australe accuse encore un déficit d’environ 10 000 MW pour satisfaire pleinement sa demande en électricité. Le Mozambique, grâce à ses ressources hydrauliques, entend donc se positionner comme l’un des principaux acteurs capables de contribuer à combler ce déficit.
Vers un accès universel à l’électricité
Le projet s’inscrit enfin dans une stratégie nationale d’élargissement de l’accès à l’électricité. Le taux d’électrification du Mozambique est passé de 31 % en 2018 à environ 60 % en 2024, traduisant une progression importante en quelques années. Le gouvernement vise désormais l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030.
Dans cette perspective, Mphanda Nkuwa apparaît comme un levier stratégique à la fois pour accroître la production nationale, soutenir l’industrialisation et développer les exportations d’électricité. Toutefois, le nouveau report à 2034 rappelle que la réalisation des grandes infrastructures énergétiques reste fortement dépendante de la mobilisation des financements, de la préparation technique et de la capacité à sécuriser les investissements sur le long terme.