Le Gouvernement béninois, avec l'appui du Gouvernement du Luxembourg et de l'Institut mondial pour la croissance verte (GGGI), a lancé le 5 août 2026 à Cotonou un atelier stratégique consacré à la priorisation des projets d'investissement verts et à l'intégration de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) dans les Plans de Travail Annuels (PTA) des ministères. Pendant deux jours, les acteurs publics et leurs partenaires travaillent à transformer les engagements climatiques du Bénin en projets concrets, finançables et capables d'accélérer la transition écologique du pays.
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Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa politique environnementale. Au-delà de l'élaboration de stratégies climatiques, le pays entend désormais passer à l'action en faisant de la CDN 3.0 un véritable levier d'investissement au service de la croissance verte. L'atelier organisé à Cotonou vise ainsi à identifier les projets environnementaux les plus porteurs afin qu'ils soient intégrés dès 2027 dans les Plans de Travail Annuels des différents ministères et puissent bénéficier de financements nationaux et internationaux.
Cette rencontre intervient au lendemain du lancement officiel de la Contribution Déterminée au niveau National 3.0, document stratégique couvrant la période 2026-2035. Dotée d'un besoin de financement estimé à 14,5 milliards de dollars américains, soit près de 8 000 milliards de FCFA, cette nouvelle feuille de route ambitionne de faire du développement durable un moteur de la transformation économique du Bénin. Plus qu'un engagement climatique, elle constitue une vision intégrée où la protection de l'environnement devient un facteur de croissance, de résilience et de création d'opportunités.
Au cœur de cette stratégie figurent plusieurs projets verts prioritaires. Le Gouvernement entend notamment accélérer la transition vers les énergies renouvelables, renforcer l'efficacité énergétique et étendre l'électrification rurale. En parallèle, une place importante est accordée à l'agriculture durable grâce à la restauration des sols, à l'agroforesterie, à l'irrigation et à l'adoption de pratiques agricoles résilientes face aux changements climatiques. La CDN 3.0 prévoit également des actions ambitieuses en faveur du reboisement, de la préservation des ressources forestières et hydriques ainsi que de la protection des écosystèmes, considérés comme essentiels pour limiter les effets du dérèglement climatique.
L'environnement occupe ainsi une position centrale dans cette nouvelle dynamique. Le Bénin souhaite renforcer la résilience de ses territoires face aux inondations, à l'érosion côtière et aux phénomènes climatiques extrêmes, tout en développant une véritable culture environnementale. À cet effet, des initiatives comme « La CDN 3.0 expliquée aux enfants », élaborée avec l'appui de l'UNICEF, illustrent la volonté des autorités de sensibiliser les jeunes générations aux enjeux climatiques et de faire de la protection de la nature une responsabilité collective.
Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement mise sur une mobilisation multisectorielle. Une trentaine de représentants des ministères, collectivités territoriales, partenaires techniques, chercheurs et organisations de la société civile participent à cet atelier afin d'identifier des projets verts techniquement solides et financièrement attractifs. Selon Olade Balo AKAKPO, chef de l'Unité du financement climatique du GGGI, cette démarche doit permettre de transformer les priorités climatiques en investissements bancables capables de mobiliser des ressources publiques, privées et concessionnelles.
Par ailleurs, le Bénin entend tirer profit des mécanismes internationaux de financement climatique, notamment ceux liés au marché du carbone prévu par l'Accord de Paris. Pour les responsables du Conseil béninois pour le développement durable, les futurs projets devront répondre aux exigences d'intégrité environnementale afin d'attirer davantage de capitaux étrangers et de renforcer la crédibilité du portefeuille national d'investissements verts.
L'intégration de la CDN 3.0 dans les Plans de Travail Annuels constitue également un enjeu majeur de gouvernance. Les autorités rappellent que les engagements climatiques ne peuvent produire des résultats durables que s'ils sont pleinement intégrés aux politiques publiques, qu'il s'agisse de l'urbanisme, des transports, de la santé, de l'agriculture ou encore de la gestion des déchets. Cette approche permettra de faire du climat une priorité transversale de l'action gouvernementale.
Les travaux, qui s'achèvent le 6 août 2026, doivent déboucher sur une feuille de route opérationnelle destinée à accompagner les ministères dans la mise en œuvre de la CDN 3.0. À travers cette démarche, le Bénin affiche clairement son ambition de disposer d'un portefeuille de projets verts crédibles, finançables et à fort impact environnemental, capable d'accélérer la transition vers une économie plus résiliente, sobre en carbone et respectueuse des ressources naturelles. Plus qu'une réponse aux défis climatiques, cette stratégie traduit la volonté du pays de faire de la protection de l'environnement un véritable moteur de développement durable.