À Banikanni, l'un des quartiers les plus fréquentés de Parakou, les infrastructures d'assainissement censées protéger les populations sont devenues une source permanente de danger. Caniveaux ouverts, ouvrages dégradés, dépôts sauvages de déchets et ruissellements incontrôlés rythment désormais le quotidien des riverains, qui appellent les autorités à agir rapidement pour restaurer un environnement plus sûr et plus sain.
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À Banikanni, l'assainissement urbain est aujourd'hui au cœur des préoccupations des populations. Si les caniveaux ont été construits pour faciliter l'évacuation des eaux pluviales et limiter les inondations, plusieurs d'entre eux sont désormais laissés à ciel ouvert ou fortement dégradés, transformant les rues du quartier en véritables zones à risques. Piétons, motocyclistes et automobilistes doivent redoubler de vigilance, notamment à la tombée de la nuit où les ouvrages deviennent difficilement visibles.
Sur l'axe reliant le CEG Hubert Maga au carrefour Rose Croix, les habitants dénoncent une situation qui dure depuis plusieurs années. Pour Prosper Sounoukini, riverain, ces caniveaux représentent un véritable piège pour toute personne qui ne connaît pas les lieux. Selon lui, les usagers occasionnels ou les visiteurs sont particulièrement exposés aux accidents, faute d'une signalisation adaptée ou d'une fermeture complète des ouvrages.
Les épisodes de fortes pluies aggravent davantage le problème. Ibrahim Raïmi, commerçant installé dans le quartier, explique que les eaux de ruissellement débordent régulièrement des caniveaux avant d'envahir les commerces voisins. Les passages deviennent impraticables, tandis que plusieurs personnes ont déjà chuté dans les fossés ouverts. Face à cette situation, il estime qu'une intervention rapide des autorités municipales est indispensable pour prévenir des accidents plus graves.
Les responsables locaux partagent cette inquiétude. Le chef du quartier Banikanni 3, Toïbou Mouhamed Lawani, affirme que les enfants figurent parmi les premières victimes de ces infrastructures inachevées. Il reconnaît toutefois que les efforts de réhabilitation engagés restent insuffisants au regard de l'ampleur des besoins.
Au-delà du manque de réfection, les autorités locales dénoncent également des comportements qui compromettent le fonctionnement du réseau d'assainissement. Malgré la mise en place d'un système de collecte des déchets, certains habitants continuent de transformer les caniveaux en dépotoirs, y jetant ordures ménagères, sachets plastiques et résidus alimentaires. Ces pratiques favorisent l'obstruction des ouvrages, ralentissent l'écoulement des eaux et augmentent les risques d'inondation.
Cette réalité complique également le travail des agents de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS). Selon l'un d'eux, les équipes sont régulièrement confrontées à des caniveaux encombrés par des déchets de toute nature. Il précise toutefois que lorsque les services interviennent pour le curage des ouvrages, ceux-ci sont systématiquement refermés après les opérations, contrairement à certains caniveaux qui restent ouverts depuis plusieurs années.
À Banikanni 2, le chef de quartier Zourkanel Boukari attire aussi l'attention sur les raccordements anarchiques réalisés par certains riverains. Selon lui, plusieurs ménages évacuent directement leurs eaux usées dans les caniveaux en perçant les ouvrages, accélérant ainsi leur dégradation et réduisant leur efficacité. Des démarches sont actuellement entreprises auprès des autorités communales afin d'obtenir la fermeture définitive des anciens caniveaux encore ouverts.
À Banikanni 1, 2 et 3, l'état des ouvrages d'assainissement dépasse désormais le simple inconfort. Il constitue un véritable enjeu de sécurité publique, de salubrité et de protection de l'environnement urbain. Les populations espèrent que la mairie de Parakou accélérera les travaux de réhabilitation afin de sécuriser durablement ces infrastructures, améliorer la gestion des eaux pluviales et offrir aux habitants un cadre de vie plus sain et plus résilient face aux aléas climatiques.