Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de restauration des écosystèmes en validant une liste de 124 essences forestières adaptées aux différentes zones écologiques du pays. Cette initiative, portée par le Jardin Zoobotanique de l'Université de Lomé avec l'appui de partenaires techniques, vise à renforcer les programmes de reboisement, restaurer les terres dégradées et préserver durablement la biodiversité.
Légende : Forêt
Le Togo renforce son engagement en faveur de la restauration des paysages forestiers et de la préservation de son patrimoine naturel. Réunis le 24 juillet 2026 au Jardin Zoobotanique de l'Université de Lomé (JaZoBUL), des chercheurs, des experts forestiers et plusieurs parties prenantes ont validé une liste de 124 essences forestières, locales et introduites, destinées à soutenir les efforts nationaux de reboisement et de restauration des terres dégradées.
Cette validation est l'aboutissement d'un processus scientifique ayant permis d'identifier les espèces les mieux adaptées aux différentes zones écologiques du pays. Les travaux ont pris en compte plusieurs paramètres, notamment la capacité des essences à s'adapter aux conditions climatiques locales, leur potentiel de restauration des sols, leur contribution à la conservation de la biodiversité ainsi que leurs bénéfices socio-économiques pour les populations.
L'objectif est de mettre à la disposition des acteurs du secteur forestier un référentiel technique et scientifique capable d'orienter les futures opérations de restauration des paysages forestiers (RPF). En privilégiant des espèces adaptées aux réalités écologiques du territoire, les autorités ambitionnent d'améliorer l'efficacité des campagnes de reboisement tout en favorisant la résilience des écosystèmes face aux effets du changement climatique.
Des espèces sélectionnées pour leurs bénéfices écologiques et économiques
Au-delà de la validation de la liste globale, les participants ont également procédé à la sélection d'un premier groupe de 20 essences prioritaires qui feront l'objet d'une large vulgarisation auprès des acteurs de terrain.
Ce choix repose sur plusieurs critères, parmi lesquels les performances écologiques des espèces, leur capacité à restaurer durablement les sols dégradés, leur rôle dans la protection des ressources naturelles ainsi que leur intérêt économique pour les communautés locales. Certaines essences contribuent notamment à la production de bois, de fruits, de plantes médicinales ou encore à l'amélioration de la fertilité des terres agricoles.
Selon les scientifiques du JaZoBUL, l'enjeu consiste à proposer des espèces à la fois adaptées aux différents milieux écologiques et capables de produire des résultats durables en matière de restauration des paysages. Une sélection pertinente permettra d'optimiser les investissements réalisés dans le reboisement tout en maximisant les bénéfices environnementaux.
Des outils techniques pour accompagner les campagnes de reboisement
Afin de faciliter l'utilisation de ces essences par les différents acteurs, une monographie consacrée aux espèces sélectionnées sera prochainement publiée. Ce document présentera les caractéristiques biologiques, écologiques et techniques des essences retenues ainsi que leurs domaines d'utilisation.
En complément, 20 fiches techniques détaillées seront mises à la disposition des professionnels, des collectivités, des organisations communautaires et des structures intervenant dans la restauration des paysages. Elles fourniront des informations pratiques sur les conditions de plantation, les exigences écologiques, les méthodes d'entretien et les performances attendues selon les différents contextes environnementaux.
Ces outils permettront d'améliorer la planification des opérations de reboisement et de favoriser une meilleure adéquation entre les espèces plantées et les caractéristiques des territoires concernés.
Préparer la campagne nationale de reboisement de 2027
La diffusion de cette base de connaissances s'inscrit également dans la préparation de la campagne nationale de reboisement de 2027. Les autorités souhaitent renforcer la sensibilisation des populations, accompagner les acteurs de terrain dans leurs choix techniques et promouvoir l'utilisation d'essences capables de restaurer efficacement les écosystèmes forestiers.
Cette démarche devrait contribuer à améliorer le taux de survie des plantations, accroître le stockage du carbone, limiter l'érosion des sols, protéger les bassins versants et favoriser la reconstitution progressive des habitats naturels.
Une contribution à la lutte contre la dégradation des terres
Face à la progression de la déforestation, de la dégradation des sols et aux effets croissants du changement climatique, la restauration des paysages forestiers apparaît comme un levier essentiel pour préserver les services écosystémiques et renforcer la résilience des territoires.
En s'appuyant sur une sélection rigoureuse d'essences forestières adaptées aux réalités locales, le Togo se dote d'un outil stratégique pour améliorer la qualité de ses programmes de reboisement et soutenir ses engagements en matière de conservation de la biodiversité, de lutte contre la désertification et de développement durable.
Cette initiative bénéficie de l'appui du MicroFEM et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), partenaires engagés dans la protection des forêts, la restauration des écosystèmes et la promotion d'une gestion durable des ressources naturelles.