La ville de Cotonou a signé, le 22 juillet 2026, un protocole d'accord avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) dans le cadre du programme « Villes vertes ». Ce partenariat stratégique accompagnera la mise en œuvre du plan de mandature « Cotonou 2026-2033 : Changer d'échelle », avec pour ambition de renforcer la résilience climatique, protéger les écosystèmes urbains et promouvoir un développement durable face aux défis environnementaux.
Légende : BERD et Cotonous
La capitale économique du Bénin franchit une nouvelle étape dans sa transition écologique. En s'associant à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), Cotonou entend faire de la protection de l'environnement un pilier de son développement urbain. Le protocole d'accord signé le 22 juillet marque le lancement d'une coopération stratégique destinée à élaborer un Green City Action Plan (Plan d'action pour une ville verte), un document qui définira les priorités environnementales de la municipalité tout en facilitant l'accès à des financements dédiés aux projets verts.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan de mandature « Cotonou 2026-2033 : Changer d'échelle », adopté récemment par le Conseil communal. Au-delà de la modernisation des infrastructures, ce programme ambitionne de transformer Cotonou en une métropole africaine résiliente, inclusive et respectueuse de son environnement, capable de faire face aux effets grandissants du changement climatique et à une urbanisation rapide.
Pour le maire Luc Gnacadja, la signature de cet accord symbolise l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire de la ville. Il estime que la transformation de Cotonou repose avant tout sur une vision commune où le développement économique s'accompagne de la préservation des ressources naturelles. Face à la montée des risques climatiques, notamment les inondations récurrentes, il a insisté sur la nécessité de repenser le rapport de la ville à l'eau.
« Notre ville est née de l'eau. Il faut qu'elle apprenne à grandir avec l'eau », a-t-il déclaré, plaidant pour une gestion durable des ressources hydriques. Cette approche prévoit notamment de transformer les risques liés aux inondations en opportunités d'aménagement durable, grâce à la réhabilitation des infrastructures naturelles, à la restauration des zones humides et au développement de solutions fondées sur la nature.
Le projet prévoit également la création et la valorisation d'espaces verts, de parcs urbains et de corridors écologiques destinés à améliorer la qualité de vie des habitants tout en favorisant la biodiversité. Ces infrastructures naturelles joueront un rôle essentiel dans la régulation des températures, l'absorption des eaux pluviales et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, renforçant ainsi la résilience environnementale de la ville.
Pour la Berd, ce partenariat ouvre la voie à une coopération de long terme. Gianpiero Naci, représentant de l'institution, a affirmé que la banque partage pleinement l'ambition portée par Cotonou et souhaite faire de la capitale économique béninoise la première « ville verte » soutenue par la Berd. À travers le programme Green Cities, la municipalité rejoint un réseau international de plus de 70 villes engagées dans la transition écologique et le développement urbain durable.
De son côté, la directrice générale de la Berd pour l'Afrique subsaharienne, Dr Heike Harmgart, a salué les progrès réalisés par le Bénin ces dernières années. Elle a rappelé que le pays est le premier d'Afrique subsaharienne à avoir intégré la Berd, une position qui ouvre de nouvelles perspectives pour financer des projets conciliant croissance économique, adaptation climatique et protection de l'environnement.
En misant sur une planification urbaine durable, la restauration des écosystèmes et une meilleure gestion des ressources naturelles, Cotonou affirme sa volonté de devenir une référence africaine en matière de ville résiliente. Ce partenariat avec la Berd illustre ainsi une ambition commune : bâtir une métropole capable de conjuguer développement économique, préservation de la biodiversité et amélioration durable du cadre de vie des populations.