MICROALGUES : Une solution écologique pour renforcer la résilience de la filière coton au Bénin

Face à la dégradation des sols, aux effets du changement climatique et à la dépendance aux intrants chimiques, la biotechnologie des microalgues pourrait ouvrir une nouvelle voie vers une agriculture plus durable au Bénin. Lors d'un webinaire organisé le 14 juillet 2026, des chercheurs de l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) du Maroc ont présenté aux journalistes béninois les résultats de leurs travaux sur les applications agricoles des microalgues. Une innovation qui pourrait contribuer à préserver les écosystèmes tout en améliorant durablement les performances de la filière cotonnière.

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La transition vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement passe aujourd'hui par l'exploitation de solutions biologiques innovantes. Parmi elles, les microalgues suscitent un intérêt croissant dans la recherche scientifique en raison de leur potentiel à répondre simultanément aux défis environnementaux et agricoles. C'est ce qu'a démontré le professeur Hicham El Harroussi, chercheur à l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) du Maroc, lors d'un webinaire organisé le 14 juillet 2026 à l'intention de journalistes béninois.

Au cœur de cette innovation figurent les microalgues, des organismes microscopiques capables de réaliser la photosynthèse et de capter naturellement le dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l'atmosphère. En transformant ce gaz à effet de serre en biomasse, elles participent à la réduction des émissions de carbone tout en produisant des substances valorisables dans plusieurs secteurs, notamment l'agriculture.

Contrairement à de nombreuses cultures industrielles, les microalgues présentent un avantage environnemental majeur : elles peuvent être cultivées sur des terres improductives, à partir d'eau de mer ou d'eaux saumâtres, sans mobiliser des terres agricoles destinées à l'alimentation ni exercer une pression supplémentaire sur les ressources en eau douce. Cette caractéristique en fait une technologie particulièrement adaptée aux pays confrontés aux effets du changement climatique et à la raréfaction des ressources naturelles.

Depuis plus d'une décennie, les chercheurs marocains ont constitué une vaste collection de microalgues provenant du littoral national et développé des technologies de culture performantes, notamment des photobioréacteurs et des bassins pilotes. Ces travaux ont permis de mettre au point plusieurs solutions biologiques destinées à accompagner une agriculture plus durable.

Parmi ces innovations figurent les biostimulants, les biofertilisants et les produits de biocontrôle. Les biostimulants améliorent les mécanismes naturels des plantes en renforçant leur capacité à absorber les nutriments et à résister aux différents stress environnementaux, tels que la sécheresse, la salinité des sols ou encore les maladies. Ils contribuent également à préserver la biodiversité microbienne des sols, indispensable au bon fonctionnement des écosystèmes agricoles.

Les biofertilisants issus des microalgues constituent également une alternative intéressante aux fertilisants chimiques. Riches en éléments nutritifs essentiels comme l'azote, le phosphore et le potassium, ils améliorent progressivement la fertilité des terres tout en favorisant la restauration des sols dégradés. Cette approche limite les risques de pollution des eaux et des sols liés à l'utilisation excessive d'engrais minéraux.

Les expérimentations conduites au Maroc montrent que ces solutions biologiques permettent d'augmenter les rendements agricoles de 15 à 30 %, selon les cultures et les conditions de production. Au-delà des gains de productivité, elles participent à la récupération des terres appauvries, réduisent le recours aux pesticides chimiques et renforcent la résilience des cultures face aux aléas climatiques.

Pour le Bénin, où le coton demeure le premier produit d'exportation, cette technologie représente une opportunité stratégique. La filière est confrontée depuis plusieurs années à une baisse progressive de la fertilité des sols, à des épisodes de sécheresse plus fréquents, à l'augmentation des coûts des intrants et aux conséquences du changement climatique sur les rendements.

L'intégration de biostimulants et de biofertilisants à base de microalgues pourrait ainsi permettre de renforcer la résistance des plants de coton aux stress climatiques, d'améliorer l'efficacité des engrais conventionnels et de restaurer durablement les terres agricoles. Une telle approche contribuerait également à diminuer l'empreinte environnementale de la production cotonnière en limitant l'utilisation de produits chimiques susceptibles de dégrader les sols, les ressources en eau et la biodiversité.

Au-delà du coton, cette innovation pourrait profiter à l'ensemble de l'agriculture béninoise en favorisant une transition vers des systèmes de production plus écologiques, plus résilients et mieux adaptés aux exigences de la lutte contre le changement climatique. Pour le professeur Hicham El Harroussi, les microalgues illustrent ainsi le potentiel des biotechnologies vertes à concilier protection de l'environnement, sécurité alimentaire et développement économique, ouvrant de nouvelles perspectives pour une agriculture africaine durable.


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