Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la transformation de son secteur agricole avec un financement de 114 millions de dollars accordé par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC). Au-delà du renforcement des chaînes de valeur du coton, du soja et de la noix de cajou, cet appui vise à favoriser une agriculture plus résiliente face aux changements climatiques, à encourager la transformation locale et à soutenir les communautés rurales, notamment les femmes, dans une perspective de développement durable.
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Le secteur agricole béninois bénéficie d'un nouvel appui financier destiné à accélérer sa transition vers une production plus durable et plus résiliente. La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) ont annoncé l’octroi d’un financement de 100 millions d’euros, soit environ 114 millions de dollars, afin de renforcer les principales chaînes de valeur agricoles du pays tout en répondant aux défis environnementaux qui fragilisent les exploitations.
Officialisé le mardi 14 juillet, ce partenariat s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne. Il ambitionne d’améliorer l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que des entreprises de taille intermédiaire opérant dans les filières agricoles. L’objectif est de développer des chaînes de production plus performantes, capables de créer davantage de valeur ajoutée localement tout en respectant les exigences environnementales et commerciales des marchés internationaux.
Une part importante de ce financement sera orientée vers trois filières stratégiques : le coton, le soja et la noix de cajou, qui représentent des piliers de l’économie béninoise. Dans le secteur cotonnier, les investissements viseront à développer la transformation locale, à améliorer la traçabilité des produits et à consolider des chaînes d’approvisionnement plus responsables. Pour le soja, l’accent sera mis sur la valorisation locale afin de réduire les exportations de matières premières brutes et de favoriser une production plus durable. Quant à la filière anacarde, les efforts porteront sur le tri, la transformation et le renforcement de chaînes de valeur répondant aux normes environnementales et de qualité exigées par les marchés européens.
Selon la Banque européenne d’investissement, au moins 70 % des ressources mobilisées seront consacrées à ces trois filières, contribuant à bâtir des chaînes de valeur intégrées entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne. Cette orientation devrait également réduire les pertes post-récolte, encourager l’industrialisation locale et limiter l’empreinte environnementale liée à l’exportation de produits non transformés.
Au-delà des enjeux économiques, ce partenariat met fortement l’accent sur la résilience climatique. Signé dans le cadre de l’initiative « Women for Stronger Communities and Growth », l’accord prévoit un soutien spécifique aux femmes entrepreneures, aux coopératives rurales et aux communautés agricoles les plus exposées aux effets des changements climatiques. L’objectif est de renforcer leur capacité d’adaptation face à la multiplication des épisodes de sécheresse, aux pluies irrégulières, à la dégradation des terres et à l’insécurité alimentaire qui affectent de plus en plus les systèmes de production.
L’agriculture constitue un secteur vital pour le Bénin. D’après le Fonds international de développement agricole (FIDA), elle représente près de 30 % du produit intérieur brut (PIB) et fait vivre environ 70 % de la population active. Les cultures de coton, de noix de cajou, de karité, de café, de palmier à huile, d’ananas et de cacao jouent un rôle déterminant dans les exportations nationales et dans l’approvisionnement de plusieurs industries européennes.
Toutefois, malgré son dynamisme, le secteur reste confronté à d'importants défis environnementaux. Les effets du changement climatique se traduisent par une baisse de la fertilité des sols, une pression accrue sur les ressources en eau, des perturbations des calendriers agricoles et une augmentation des risques de pertes de récoltes. À ces contraintes s’ajoutent le faible accès aux financements, l’insuffisance des infrastructures d’irrigation, le coût élevé des intrants agricoles et la dépendance à quelques cultures d’exportation.
Ces dernières années, les réformes engagées dans le cadre du Programme d’action du gouvernement (PAG) et du Plan stratégique de développement du secteur agricole (PSDSA) ont permis d’améliorer la mécanisation, l’irrigation et l’organisation des différentes filières. Le nouveau financement de la BEI et de la BIIC devrait consolider ces acquis en encourageant des investissements conciliant performance économique, préservation des ressources naturelles et adaptation aux changements climatiques.
À travers ce partenariat, le Bénin confirme ainsi son ambition de bâtir un modèle agricole capable de répondre aux impératifs de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et de création d’emplois durables. En favorisant la transformation locale et des pratiques agricoles plus résilientes, le pays entend renforcer sa compétitivité tout en contribuant à une croissance plus verte et inclusive.