La Banque africaine de développement (BAD) renforce son soutien à la transition énergétique en Égypte avec l’approbation d’un financement pouvant atteindre 66 millions de dollars pour la première phase du projet solaire Dandara. Cette infrastructure de 500 MW, associée à un système de stockage par batteries, contribuera à décarboner la production d’aluminium d’EgyptAlum tout en améliorant la compétitivité de l’industrie égyptienne sur les marchés internationaux.
Légende : Photo de Famille
L’Égypte franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique et de décarbonation industrielle. Dans un communiqué publié le 13 juillet, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé l’approbation d’un financement pouvant atteindre 66 millions de dollars pour soutenir la première phase du projet solaire Dandara, implanté dans le gouvernorat de Qena, au sud du pays.
Cette première phase prévoit la construction d’une centrale photovoltaïque de 500 MW, accompagnée d’un système de stockage d’énergie par batteries d’une capacité de 100 MWh. L’investissement global est estimé à plus de 290 millions de dollars. Sur le montant approuvé, 46 millions de dollars proviennent des ressources ordinaires de la BAD, tandis que 20 millions de dollars sont mobilisés grâce au Fonds pour les technologies propres. Le financement restant sera assuré par un consortium d’institutions internationales de développement.
Développé par le groupe norvégien Scatec, à travers sa filiale Dandara Solar Power, le projet s’inscrit dans une ambition plus large de transformer l’approvisionnement énergétique du secteur industriel égyptien. À terme, le complexe atteindra une capacité totale de 1 000 MW d’énergie solaire et 200 MWh de stockage, répartis en deux phases de même envergure.
L’électricité produite par la première tranche sera entièrement achetée par EgyptAlum, premier producteur d’aluminium du pays, dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 25 ans. Cet accord est complété par un contrat de transport conclu avec l’opérateur public Egyptian Electricity Transmission Company (EETC). La mise en service complète du projet est prévue pour le début de l’année 2028, avec une production annuelle estimée à 1 373 GWh.
Au-delà de son apport énergétique, le projet Dandara constitue un levier majeur pour la décarbonation de l’industrie lourde. Selon la BAD, il permettra d’éviter près de 12,5 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone (CO₂) tout au long de son cycle de vie. Cette réduction des émissions aidera EgyptAlum à maintenir sa compétitivité sur le marché européen, notamment dans le contexte de l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, qui impose des exigences environnementales plus strictes aux produits importés.
Pour la Banque africaine de développement, cette initiative illustre le rôle stratégique des énergies renouvelables dans la transformation des industries énergivores. Le vice-président de l’institution, Kevin Kariuki, estime que le projet constitue un exemple concret de décarbonation industrielle et pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs manufacturiers du continent.
Si les résultats escomptés sont atteints, Dandara pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouveaux partenariats entre producteurs d’énergies renouvelables et industries à forte consommation énergétique. Une dynamique qui renforcerait à la fois la sécurité énergétique, la compétitivité économique et les ambitions climatiques de l’Égypte dans les années à venir.