L’Assemblée nationale du Bénin a ouvert, lundi 06 Juillet 2026, à Grand-Popo, un séminaire d’appropriation du projet de loi portant code des forêts, de la faune et de la gestion durable des terres. Présidée par le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, Président du Parlement, cette rencontre vise à préparer les députés à l’examen d’une réforme majeure du cadre juridique environnemental béninois, plus de trente ans après l’adoption de la loi n°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime des forêts.
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Placée sous le signe de l’urgence écologique, cette initiative intervient dans un contexte marqué par la dégradation progressive des ressources naturelles, la perte des habitats forestiers et les pressions croissantes exercées sur la biodiversité. Pour le président de l’Assemblée nationale, la situation exige une prise de conscience collective et des décisions à la hauteur des enjeux. « La forêt et la faune sont en salle d’urgence à l’hôpital de la vie », a déclaré Joseph Djogbénou dans son discours d’ouverture, illustrant ainsi la fragilité actuelle des écosystèmes. Pour lui, la protection des ressources naturelles ne relève pas uniquement d’une responsabilité institutionnelle, mais constitue un engagement envers les générations futures. « Sauver la forêt, c’est une provision pour les générations à venir », a-t-il insisté.
Un nouveau cadre juridique pour répondre aux défis actuels
Le projet de loi portant code des forêts, de la faune et de la gestion durable des terres ambitionne d’apporter des réponses aux limites du dispositif juridique existant. Adoptée il y a plus de trois décennies, la réglementation actuelle apparaît aujourd’hui insuffisante face aux nouveaux défis environnementaux, notamment la déforestation, la dégradation des terres, les effets du changement climatique et la nécessité de préserver les services écosystémiques.
Organisé par la Commission du Plan, de l’équipement et de la production (C3) de l’Assemblée nationale, ce séminaire permettra aux élus et aux experts de mieux comprendre les innovations contenues dans le nouveau texte. Les échanges portent notamment sur les mécanismes de gestion durable des forêts, la conservation de la faune, la restauration des terres dégradées et le renforcement des outils de gouvernance environnementale.
Prenant la parole au nom du ministre du Cadre de vie et des Transports, le Directeur de cabinet Valéry Kouandété Doko a salué une démarche qui traduit une volonté commune du Gouvernement et du Parlement de construire une réforme ambitieuse. Il a souligné l’importance de faire de la connaissance des enjeux environnementaux un pilier essentiel de cette transformation.
Des députés appelés à mieux s’approprier les enjeux
Durant plusieurs jours, les parlementaires, accompagnés d’experts forestiers et environnementaux, examineront les différents axes du projet de loi. L’objectif est de permettre une meilleure appropriation du contenu du texte avant son éventuelle adoption.
Pour l’honorable Joseph Anani, président de la Commission du Plan, de l’équipement et de la production, ces travaux doivent permettre aux députés de disposer des outils nécessaires pour analyser les dispositions proposées et contribuer efficacement à l’amélioration du cadre légal.
Au terme des travaux, un rapport sera produit. Celui-ci servira de référence dans le processus d’examen et d’adoption du futur code forestier et faunique du Bénin. À travers cette réforme annoncée comme structurante, le pays entend renforcer la protection de son patrimoine naturel et inscrire davantage la gestion des forêts, de la faune et des terres dans une logique de durabilité. Un enjeu crucial alors que les ressources naturelles constituent à la fois un héritage écologique et un levier de développement pour les générations présentes et futures.