BASSIN DU MONO : Le Bénin et le Togo s’unissent pour protéger les écosystèmes et renforcer la résilience climatique

Menacé par les effets du changement climatique, la dégradation des terres et la pression croissante sur les ressources hydriques, le bassin transfrontalier du Mono fait l’objet d’un ambitieux programme de planification environnementale. Doté d’un financement de 656 millions de FCFA, le Projet de planification des investissements et gouvernance effective pour la satisfaction durable des usages de l’eau (Pgeau-Mono) vise à préserver les écosystèmes, améliorer la gestion des ressources en eau et préparer des investissements durables au bénéfice des populations du Bénin et du Togo.

Bassin di Mono Légende : Bassin di Mono

Face à l’aggravation des phénomènes climatiques extrêmes et à la dégradation progressive des ressources naturelles, le Bénin et le Togo renforcent leur coopération pour assurer la protection durable du bassin du Mono. Avec l’appui de la Facilité africaine de l’eau (FAE) du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), les deux pays mettent en œuvre le Projet de planification des investissements et gouvernance effective pour la satisfaction durable des usages de l’eau dans le bassin du Mono (Pgeau-Mono), une initiative destinée à améliorer la résilience environnementale et hydrique de ce territoire partagé.

Évalué à un million d’euros, soit environ 656 millions de FCFA, le projet sera financé à hauteur de 70 % par un don de la Facilité africaine de l’eau. Le reste des ressources proviendra de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM) ainsi que des gouvernements béninois et togolais. Sur une période de trente mois, les partenaires entendent mettre en place les outils nécessaires à une gestion intégrée et durable des ressources en eau, tout en favorisant une gouvernance concertée entre les deux pays.

Le bassin du Mono constitue un patrimoine naturel stratégique pour les populations riveraines. Il fournit de l’eau pour les usages domestiques, l’agriculture, la production hydroélectrique et contribue à la préservation de la biodiversité. Cependant, cet écosystème est soumis à de multiples pressions liées à la croissance démographique, à la déforestation, à l’érosion des sols, aux pollutions agricoles et domestiques ainsi qu’aux impacts de plus en plus visibles du changement climatique. Les inondations récurrentes, les sécheresses prolongées et la variabilité des précipitations fragilisent les moyens de subsistance des communautés et menacent l’équilibre écologique du bassin.

Pour répondre à ces défis, le projet prévoit l’élaboration d’un Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage), véritable feuille de route pour la préservation et la valorisation durable des ressources hydriques. Cet outil stratégique comprendra notamment un diagnostic environnemental complet du bassin, un atlas cartographique, une évaluation environnementale stratégique ainsi qu’un programme d’actions prioritaires destiné à orienter les futurs investissements.

L’initiative accorde également une place importante à la restauration des écosystèmes. Deux projets pilotes climato-résilients seront mis en œuvre dans les zones les plus vulnérables. Au Togo, les interventions viseront la restauration des terres dégradées et la réduction de l’érosion dans la localité d’Amou Oblo. Au Bénin, les efforts porteront sur la lutte contre la prolifération des plantes aquatiques envahissantes sur le lac Djétoé, dans la commune de Lokossa. Ces actions permettront non seulement de préserver les écosystèmes aquatiques, mais aussi d’améliorer les conditions de vie des communautés qui dépendent directement de ces ressources naturelles.

Au-delà de la planification, le Pgeau-Mono ambitionne de créer les conditions favorables à la mobilisation de nouveaux financements pour des projets structurants liés à l’eau potable, à l’assainissement, à l’irrigation, à la gestion des eaux pluviales, à l’hydroélectricité et à la restauration écologique. À terme, près de 2,1 millions de personnes pourraient bénéficier d’une meilleure gestion des ressources en eau et des retombées d’investissements adaptés aux enjeux climatiques.

À travers cette initiative, le Bénin et le Togo entendent faire du bassin du Mono un modèle de coopération environnementale et de gestion durable des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest. L’ambition est de transformer ce territoire partagé en un espace plus résilient face aux changements climatiques, tout en garantissant la préservation des écosystèmes et la sécurité hydrique des générations futures.


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