La préservation de la biodiversité ne relève plus uniquement de la responsabilité des pouvoirs publics ou des organisations environnementales. Face à l’accélération de la dégradation des écosystèmes et à ses conséquences sur les activités économiques, le secteur privé est désormais appelé à jouer un rôle stratégique dans le financement et la gestion durable du capital naturel. C’est dans cette perspective que s’est tenu, le 25 juin 2026, l’atelier de dialogue stratégique « Secteur privé et Nature », organisé par la Direction Générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC) avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD Bénin), à travers l’initiative The Biodiversity Finance Initiative (BIOFIN).
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Cette rencontre a réuni des entreprises issues de divers secteurs d’activité, des institutions financières ainsi que des organisations faîtières autour d’un objectif commun : mieux intégrer la biodiversité dans les stratégies de développement des entreprises afin d’en faire un véritable levier de performance économique et de résilience.
Longtemps considérée comme un simple enjeu environnemental, la biodiversité apparaît aujourd’hui comme une composante essentielle de la compétitivité des entreprises. Agriculture, industrie agroalimentaire, tourisme, énergie, bâtiment ou encore finance dépendent directement ou indirectement des services rendus par les écosystèmes. La qualité des sols, la disponibilité de l’eau, la pollinisation ou encore la régulation du climat constituent autant de ressources naturelles indispensables au bon fonctionnement de nombreuses activités économiques.
Pour les participants, intégrer la nature dans les décisions d’investissement ne représente donc plus un coût supplémentaire, mais une stratégie de gestion des risques. Les entreprises qui anticipent les impacts liés à la dégradation des écosystèmes renforcent leur résilience face aux aléas climatiques, sécurisent leurs chaînes d’approvisionnement et améliorent leur attractivité auprès des investisseurs de plus en plus sensibles aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Les échanges ont notamment porté sur la contribution du secteur privé au financement de la biodiversité, les risques économiques liés à la perte des écosystèmes ainsi que les mécanismes innovants permettant de mobiliser des ressources financières durables. L’objectif est d’identifier des solutions capables d’accompagner les entreprises dans leur transition écologique tout en favorisant une croissance économique responsable.
Les réflexions engagées lors de cet atelier viendront alimenter l’élaboration du Plan national de financement de la biodiversité, un instrument stratégique destiné à orienter les investissements publics et privés vers la conservation et l’utilisation durable des ressources naturelles. Ce cadre permettra également d’identifier les besoins de financement, de renforcer les partenariats avec les acteurs économiques et de promouvoir des mécanismes innovants adaptés aux réalités nationales.
À travers l’initiative BIOFIN, le PNUD poursuit son accompagnement du Bénin dans la recherche de solutions de financement innovantes pour répondre aux défis de la biodiversité. L’ambition est de faire du capital naturel un véritable moteur de développement durable, capable de soutenir la création de richesses, l’innovation et la résilience économique. Au-delà des engagements institutionnels, cette rencontre rappelle que la préservation de la biodiversité constitue désormais un enjeu économique majeur. Pour les entreprises béninoises, investir dans la nature ne relève plus uniquement de la responsabilité sociétale. Il s’agit d’un choix stratégique permettant de concilier performance économique, compétitivité et durabilité, tout en contribuant à la protection des écosystèmes dont dépend le développement du pays.