MOIS DE L’ENVIRONNEMENT EN RDC : JUREC éclaire les obligations des États face à l’urgence environnementale

Dans le cadre du Mois de l’environnement, l’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (JUREC) a consacré l’avant-dernier webinaire de sa série aux enjeux de la justice climatique. Experts en droit de l’environnement et chercheurs ont analysé les fondements de ce concept, son application en République démocratique du Congo (RDC) ainsi que les implications du récent avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) sur les responsabilités des États en matière de climat.

Affiche JUREC Légende : Affiche JUREC

À l’occasion de la célébration du Mois de l’environnement, l’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (JUREC) poursuit ses efforts de sensibilisation sur les défis climatiques et environnementaux. Le troisième webinaire de cette série, organisée depuis le 5 juin à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, a été consacré à la thématique : « Justice climatique : notions, état d’application en RDC et avis consultatif de la Cour internationale de justice sur l’obligation des États en matière de climat ».

Cette rencontre virtuelle a réuni plusieurs spécialistes du droit et de la gouvernance environnementale autour d’une réflexion sur les mécanismes permettant de garantir une réponse équitable aux conséquences du changement climatique, notamment pour les pays les plus vulnérables.

Intervenant en premier, Me Emmanuel Makengo Mulumba, avocat et expert en droit de l’environnement, a présenté les fondements de la justice climatique, qu’il définit comme un cadre visant à rééquilibrer les responsabilités et les droits entre les États, les générations et les différentes catégories sociales face aux impacts du réchauffement climatique. Selon lui, cette approche repose sur des principes d’équité, de responsabilité commune mais différenciée et de participation des parties prenantes à la prise de décision environnementale.

L’expert a également souligné les nombreux défis qui entravent la mise en œuvre effective de la justice climatique, notamment l’insuffisance des ressources techniques et financières des juridictions, l’exploitation illégale des ressources naturelles ainsi que les conflits armés qui fragilisent plusieurs zones écologiquement sensibles.

Pour sa part, Emmanuel Twahirwa Nzatuma, doctorant en droit international à l’Université du Québec à Montréal, a analysé l’état d’application de la justice climatique en RDC. Il a rappelé que celle-ci repose principalement sur deux piliers : la justice réparatrice, qui vise à réparer les préjudices subis, et la justice distributive, qui cherche à répartir équitablement les bénéfices et les charges liés à l’action climatique.

S’appuyant sur des données relatives aux émissions historiques de dioxyde de carbone, le chercheur a mis en évidence le faible niveau de contribution de l’Afrique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, estimé à seulement 3 % depuis 1750, contre 35,5 % pour l’Asie. Une situation qui renforce, selon lui, les revendications des pays africains en faveur d’une plus grande équité dans les politiques climatiques internationales. « La justice climatique est une urgence pour l’humanité », a-t-il insisté.

Le troisième exposé a été animé par Me Félix Credo Lilakako, président du conseil d’administration de JUREC, qui a examiné la portée de l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice sur les obligations climatiques des États. Son intervention a permis de mettre en lumière les implications juridiques de cette décision pour les gouvernements appelés à renforcer leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement.

Concernant la République démocratique du Congo, il a rappelé que les observations écrites transmises par le pays à la CIJ en mars 2026 ont notamment porté sur la compétence de la Cour, les causes et conséquences des changements climatiques, les obligations des États ainsi que les responsabilités juridiques découlant des dommages causés au système climatique et aux écosystèmes.

À travers cette série de webinaires, JUREC contribue à renforcer la compréhension des enjeux climatiques et environnementaux en RDC. L’organisation entend poursuivre cette dynamique avec un dernier webinaire ainsi que d’autres initiatives, notamment des procès fictifs en droit de l’environnement destinés aux étudiants en droit à travers le pays. Une manière de promouvoir une nouvelle génération d’acteurs capables de défendre efficacement la protection de l’environnement et la justice climatique.


Partager :