Face à la dégradation croissante des écosystèmes côtiers et à la vulnérabilité des communautés de pêcheurs, le Togo s'apprête à franchir une nouvelle étape dans la préservation de son patrimoine naturel. Le projet « Résilience des pêcheurs, mareyeuses et restauration de la mangrove dans la région Maritime au Togo » sera officiellement lancé le 12 juin 2026 à l'Université de Lomé. Cette initiative, portée par le Centre et Réseau des technologies climatiques (CTCN) avec l'appui du Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique, ambitionne de restaurer les mangroves tout en renforçant les moyens de subsistance des communautés côtières.
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Le projet cible principalement le sud-est du Togo, notamment les zones du chenal Gbaga et de Togokomé, où les mangroves subissent depuis plusieurs années une forte pression liée aux activités humaines. Ces formations végétales, situées à l'interface entre la terre et la mer, constituent pourtant des écosystèmes stratégiques pour l'équilibre environnemental et socioéconomique de la région. Véritables remparts naturels contre l'érosion côtière et les inondations, les mangroves jouent également un rôle essentiel dans la séquestration du carbone et la lutte contre les changements climatiques. Elles servent de refuge, de zone de reproduction et de croissance pour de nombreuses espèces de poissons, de crustacés et d'oiseaux, contribuant ainsi à la préservation de la biodiversité et à la sécurité alimentaire des populations riveraines.
Cependant, ces écosystèmes sont aujourd'hui menacés. L'exploitation du bois-énergie, la coupe anarchique du bois de mangrove, l'urbanisation croissante ainsi que certaines techniques traditionnelles de transformation des produits halieutiques accélèrent leur dégradation. Cette situation affecte directement les activités de pêche et fragilise les revenus de milliers de ménages dépendant des ressources aquatiques. Les femmes mareyeuses figurent parmi les catégories les plus touchées. Actrices incontournables de la chaîne de valeur halieutique, elles assurent la transformation et la commercialisation des produits de pêche. La raréfaction des ressources et la dégradation de l'environnement entraînent une baisse de leurs revenus et accentuent leur vulnérabilité économique.
Face à ces défis, le projet mise sur une approche intégrée combinant restauration écologique, innovations technologiques et développement communautaire. Les actions prévues incluent la restauration des mangroves dégradées, la promotion de technologies plus propres pour la transformation des produits de pêche, la réduction de la pression sur les ressources forestières ainsi que le renforcement des capacités des acteurs locaux.
L'initiative prévoit également d'accompagner les communautés dans l'adoption de pratiques de pêche durable et dans la gestion participative des ressources naturelles. L'objectif est de créer un équilibre entre la préservation des écosystèmes et l'amélioration des conditions de vie des populations. L'atelier de lancement réunira des représentants de l'administration publique, des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, des chercheurs ainsi que les bénéficiaires du projet. Les participants auront l'occasion de découvrir les objectifs, les résultats attendus et les modalités de mise en œuvre de cette intervention. Au-delà de la restauration environnementale, ce projet apparaît comme une réponse concrète aux enjeux de résilience climatique, de sécurité alimentaire et de développement durable dans les zones côtières togolaises. En renforçant la protection des mangroves tout en soutenant les activités économiques locales, il pourrait contribuer à bâtir un modèle de gestion durable des ressources naturelles au bénéfice des générations actuelles et futures.