Le Bénin accueille, du 15 au 19 juin à Cotonou, une mission consultative de l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea) consacrée à la préparation et à la réponse aux urgences nucléaires et radiologiques. À mesure que les applications des technologies nucléaires se développent dans les secteurs de la santé, de l'industrie et de l'agriculture, le pays entend consolider son dispositif de prévention, de coordination et d'intervention conformément aux standards internationaux.
Légende : Energie nucléaire
Le développement progressif des applications des technologies nucléaires au Bénin s'accompagne d'une exigence croissante en matière de sûreté. C'est dans cette perspective qu'une mission consultative de l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea) a débuté ce lundi 15 juin à Cotonou. Pendant cinq jours, experts internationaux, autorités nationales et représentants des institutions concernées évaluent les capacités du pays à prévenir, coordonner et gérer d'éventuelles urgences nucléaires ou radiologiques.
L'objectif de cette mission n'est pas de répondre à une menace imminente, mais de renforcer les mécanismes nationaux de préparation face aux risques susceptibles d'accompagner l'utilisation des sources radioactives. Il s'agit notamment d'identifier les points forts du dispositif existant, de relever les insuffisances et de proposer des améliorations afin de garantir une réponse rapide, coordonnée et efficace en cas d'incident.
À l'ouverture des travaux, le secrétaire permanent de l'Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr), Marcelin Amoussou-Guénou, a rappelé que le Bénin a franchi une étape importante avec l'adoption, en mai 2023, d'un décret encadrant la gestion des urgences nucléaires et radiologiques. Élaboré conformément aux normes de l'Aiea, ce texte définit les responsabilités des différentes institutions appelées à intervenir lors d'un incident impliquant des sources radioactives.
Toutefois, au-delà de ce cadre réglementaire, les autorités souhaitent désormais renforcer son opérationnalisation. C'est dans cette optique que l'appui de l'Aiea a été sollicité afin d'évaluer le dispositif national, d'identifier les éventuelles lacunes et de proposer les ajustements nécessaires pour bâtir une organisation pleinement opérationnelle.
Cette démarche intervient alors que les usages des technologies radiologiques connaissent une évolution significative dans le pays. Déjà présentes dans certains secteurs industriels, ces technologies sont appelées à se développer davantage dans le domaine de la santé. L'installation prochaine d'un cyclotron au Centre hospitalier international de Calavi permettra notamment de produire des radio-isotopes destinés aux diagnostics et traitements médicaux spécialisés.
Le Bénin entend également exploiter le potentiel des technologies nucléaires dans le secteur agricole. À travers son adhésion à l'initiative « Atom for Food » de l'Aiea, le pays ambitionne d'améliorer la conservation des produits agricoles, de renforcer la sécurité alimentaire et d'optimiser la gestion des productions grâce aux applications nucléaires à usage pacifique.
Cette diversification des usages renforce cependant les exigences en matière de sécurité. Pour Marcelin Amoussou-Guénou, il devient indispensable de garantir la protection des sources radioactives tout en préparant les institutions à réagir efficacement face à toute situation imprévue. La gestion d'une urgence radiologique mobilise en effet de nombreux acteurs. Le dispositif national prévoit déjà l'implication de vingt-trois secteurs, allant des services de santé aux forces de défense et de sécurité, en passant par les administrations techniques et les structures de protection civile.
Du côté de l'Aiea, cette mission constitue un accompagnement technique destiné à consolider les capacités nationales. L'expert de l'agence, Faradally Ollite, a indiqué que les travaux permettront d'évaluer l'ensemble des infrastructures, d'identifier les forces et les insuffisances du système actuel et de recommander les mécanismes nécessaires pour répondre efficacement aux urgences radiologiques.
Saluant les progrès déjà réalisés par le Bénin, l'expert a néanmoins souligné que la réussite d'un dispositif de gestion des urgences repose avant tout sur une coordination efficace entre toutes les institutions concernées. Selon lui, autorités de sûreté, forces de défense et de sécurité, services sanitaires et autres structures compétentes doivent fonctionner comme une chaîne intégrée afin de garantir une intervention rapide et efficace en cas d'incident.
À l'issue de cette mission, les recommandations formulées par les experts devraient permettre au Bénin de consolider son architecture nationale de sûreté radiologique. Une étape importante pour accompagner le développement des applications pacifiques des technologies nucléaires tout en assurant la protection des populations, de l'environnement et des infrastructures stratégiques.