Menacé par l’ensablement, l’érosion des berges et la dégradation de sa biodiversité, le Lac Ahémé bénéficie d’un nouveau souffle. Réuni en Conseil des ministres le 3 juin dernier, le gouvernement béninois a validé le Plan stratégique de développement 2026-2030 de l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (ADELAC), avec l’ambition de restaurer cet écosystème vital et de renforcer les activités économiques qui en dépendent.
Légende : Lac Ahémé
Le Lac Ahémé, deuxième plus vaste plan d’eau du sud du Bénin après le lac Nokoué, s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Long de près de 70 kilomètres et couvrant environ 8 500 hectares entre les communes de Kpomassè, Bopa et Comè, cet espace naturel constitue depuis des générations une source essentielle de revenus pour des milliers de riverains. Pêche, transport fluvial, transformation des produits halieutiques et commerce local y font vivre de nombreuses familles.
Cependant, au fil des années, cet écosystème stratégique s’est progressivement dégradé sous l’effet de l’ensablement, de l’érosion côtière, de la déforestation et de la disparition des mangroves. Cette situation a entraîné une baisse de la biodiversité et une diminution des ressources halieutiques, fragilisant davantage les moyens de subsistance des populations locales.
Face à ces défis, le gouvernement a adopté le Plan stratégique de développement 2026-2030 de l’ADELAC. Doté d’un financement estimé à 1,2 milliard de francs CFA, ce programme vise à restaurer durablement le lac et ses chenaux tout en stimulant le développement économique des zones riveraines.
La stratégie repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la réhabilitation et la valorisation des plans d’eau à travers la restauration des écosystèmes et la préservation des ressources naturelles. L’objectif est de recréer les conditions nécessaires à une exploitation durable des ressources du lac.
Le deuxième axe est consacré au développement de l’économie locale. Il prévoit le renforcement des activités de pêche, la promotion du tourisme, l’appui au commerce ainsi que l’émergence de nouvelles initiatives créatrices d’emplois et de richesses pour les communautés riveraines.
Enfin, le troisième pilier porte sur l’amélioration de la gouvernance de l’ADELAC afin de renforcer ses capacités de coordination, de suivi et d’évaluation des projets. Cette approche devrait permettre une mise en œuvre plus efficace des différentes actions prévues sur le terrain.
Le plan stratégique s’inscrit également dans la continuité du Plan d’aménagement et de gestion 2024-2034 de l’Aire communautaire de conservation de la biodiversité du Lac Ahémé. Ce programme environnemental prévoit notamment le reboisement des zones dégradées, la restauration des mangroves, la création de frayères pour favoriser la reproduction des poissons et la lutte contre les occupations anarchiques des berges.
L’une des particularités de cette démarche est la place accordée aux communautés locales, appelées à jouer un rôle central dans la protection et la gestion durable des ressources naturelles. Une approche participative qui pourrait contribuer à assurer la pérennité des investissements engagés.
Classé parmi les sites Ramsar en raison de son importance écologique internationale, le Lac Ahémé représente un patrimoine naturel majeur pour le Bénin. À travers ce plan de relance, le gouvernement entend non seulement préserver cet écosystème fragile, mais également en faire un véritable levier de développement économique, social et touristique au bénéfice des populations riveraines.