Les locaux du Centre de formation technique et professionnelle Bandeira’s Technologies ont servi de cadre, du mercredi 11 au vendredi 13 février 2026, à un séminaire stratégique de formation des formateurs en solaire photovoltaïque. Organisée dans le cadre du projet ARCH, cette session intensive de trois jours s’inscrit dans une dynamique nationale de structuration et de professionnalisation de la filière solaire artisanale.
Légende : @DSG média
Au total, douze formateurs sélectionnés, issus de cinq entreprises privées spécialisées dans le solaire photovoltaïque ainsi que de structures de formation technique, ont pris part à cet atelier. L’objectif est clair : harmoniser les contenus pédagogiques, renforcer les compétences techniques et améliorer durablement la qualité des formations destinées aux artisans.
Une ambition gouvernementale claire : professionnaliser le secteur
« Améliorer durablement l’expertise des artisans afin de leur permettre de mieux exercer leur métier et d’augmenter leurs revenus », telle est l’ambition portée par le gouvernement à travers cette initiative. Mise en œuvre par l’Agence nationale pour la protection sociale des artisans (NPS), sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, l’action est pilotée par ARCH Formation, avec l’appui technique de l’ONG AGIRabcd.
La session a été encadrée par Philippe DELNOTT, Ingénieur Electrotechnique et bénévole engagé au sein de l’ONG AGIRabcd. Pour lui, l’enjeu dépasse le simple transfert de connaissances techniques : « Il s’agit de donner des compléments techniques, mais aussi professionnels, pour permettre aux artisans de mieux gérer leur activité et de développer leur entreprise. » Ainsi, en plus des modules techniques liés au dimensionnement des systèmes photovoltaïques, à l’installation et à la maintenance, la formation a intégré des volets essentiels tels que la gestion d’entreprise, l’élaboration de devis, la relation client et l’image professionnelle. L’un des axes majeurs du séminaire a consisté à doter les centres représentés d’une ossature commune de référentiel de formation. Cette architecture de base servira de cadre harmonisé, tout en laissant à chaque structure la possibilité d’adapter ses contenus selon ses spécificités.
Les participants ont travaillé sur la simplification de certaines notions jugées complexes pour les artisans, notamment les concepts de puissance active et de puissance apparente. Deux niveaux d’apprentissage ont été définis afin d’adapter la profondeur des contenus au profil des apprenants.
Basile AKODEDRO, Ingénieur et Formateur en Énergies Renouvelables, souligne l’importance de cette harmonisation : « Nous avons identifié des difficultés rencontrées dans le passé, notamment sur certaines notions techniques. Ensemble, nous avons convenu de simplifier les approches, surtout pour le niveau 1, tout en maintenant un approfondissement pour le niveau 2 en vue du dimensionnement. » Les formateurs ont également retravaillé les formules clés relatives au calcul du champ solaire, des batteries et des onduleurs. « Nous avons simplifié ces formules afin d’améliorer la compréhension et la capacité de simulation des artisans », précise-t-il. L’introduction de logiciels de dimensionnement constitue également un apport notable. Après les calculs manuels, ces outils permettront aux artisans de comparer et valider leurs résultats, renforçant ainsi la fiabilité des installations.
Au-delà des contenus techniques, le séminaire a favorisé un véritable partage d’expériences entre professionnels du secteur. Les échanges interactifs ont permis d’identifier les réalités du terrain et d’adapter les approches pédagogiques aux besoins concrets des artisans.
Eunice ZANNOU, Ingénieure Électricienne à Esmer Academy et Formatrice en systèmes solaires photovoltaïques, témoigne : « Cette formation nous a permis de restructurer nos modules, aussi bien sur le plan théorique que pratique. Elle va nous aider à rehausser le niveau des artisans en insistant sur des points clés pour installer des systèmes plus performants et renforcer leur professionnalisme. » Pour Désirée ADINGNIDE, Formatrice au Centre Bandeira’s Technologies et Ingénieure en Énergies Renouvelables, le défi est de taille : « Le challenge ne sera pas facile, car il faudra adapter beaucoup de contenus au niveau des artisans ». Mais « nous sommes déterminés à relever ce défi », a-t-elle martelé.
La prochaine étape du projet prévoit l’accompagnement des formateurs lors du lancement des premières sessions destinées aux artisans, à partir de septembre 2026. Philippe DELNOTT assurera un suivi-terrain afin de consolider les acquis et garantir la qualité des enseignements dispensés. Cette approche progressive traduit la volonté des initiateurs de bâtir une filière solide, compétente et capable de répondre aux exigences croissantes du marché solaire.
Un centre stratégique pour accueillir la dynamique
Le choix du Centre Bandeira’s Technologies pour abriter l’atelier n’est pas fortuit. Sa position géographique centrale, la qualité de ses équipements et son encadrement pédagogique ont constitué des atouts déterminants. Son promoteur, Angelo BANDERA, Ingénieur en Énergies Renouvelables, s’est dit « très ému » d’accueillir cette formation et a salué la confiance placée en son centre. Il a exprimé le souhait que chaque formateur devienne un relais efficace de cette dynamique nationale.
À travers ce séminaire de trois jours, le projet ARCH pose les bases d’une structuration durable de la filière solaire artisanale au Bénin. En renforçant les capacités des formateurs, c’est toute la chaîne de valeur qui se trouve impactée : des centres de formation aux artisans, jusqu’aux bénéficiaires finaux des installations solaires.