Alors que près de la moitié de sa population reste privée d’électricité, le Lesotho franchit une nouvelle étape vers l’accès universel à l’énergie. Soutenu par un financement de 50 millions de dollars de la Banque mondiale, le pays mise sur une stratégie combinant extension du réseau électrique et solutions solaires autonomes afin d’atteindre une couverture totale d’ici 2030.
Légende : Accès à l'énergie
Le gouvernement du Lesotho renforce ses efforts pour améliorer l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire. La Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un crédit de 50 millions de dollars à travers l’Association internationale de développement (IDA), dans le cadre d’un programme destiné à réduire la précarité énergétique et à soutenir le développement économique du pays.
Baptisé ASCENT-Lesotho, ce projet vise à fournir un accès à l’électricité à près de 147 000 personnes et entreprises. L’initiative prévoit l’extension du réseau électrique dans les zones urbaines, périurbaines et rurales, tout en favorisant le déploiement de systèmes solaires autonomes dans les régions les plus éloignées et difficiles d’accès.
Cette approche répond aux importantes inégalités observées dans l’accès à l’énergie. En 2025, seulement 53 % de la population du Lesotho disposait d’un accès à l’électricité. Si près de 72 % des habitants des zones urbaines sont raccordés au réseau, ce taux tombe à moins de 12 % dans les zones rurales, où les contraintes géographiques compliquent le développement des infrastructures traditionnelles.
Pour la ministre des Finances et de la Planification du développement, Retselisitsoe Matlanyane, l’accès à une énergie fiable constitue un levier essentiel de transformation économique et sociale. Une meilleure électrification permettra notamment d’améliorer les conditions de vie des ménages, de renforcer la productivité des petites entreprises et de soutenir des services sociaux essentiels tels que la santé et l’éducation.
Le projet s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale définie dans le cadre du National Energy Compact élaboré sous l’initiative Mission 300. Cette feuille de route prévoit de porter le taux d’accès à l’électricité de 53 % à 100 % d’ici 2030 grâce à une combinaison de raccordements au réseau national et de solutions énergétiques décentralisées.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, les autorités estiment qu’environ 45 300 nouvelles connexions devront être réalisées chaque année. Parmi elles, près de 26 400 seront assurées par l’extension du réseau électrique, tandis que 18 900 dépendront de systèmes autonomes, principalement alimentés par l’énergie solaire.
Dans les régions montagneuses, où le déploiement du réseau reste particulièrement coûteux, les systèmes solaires domestiques et les modèles de paiement progressif Pay-As-You-Go (PAYGO) apparaissent comme des solutions adaptées. Selon la Banque mondiale, l’énergie solaire hors réseau représente aujourd’hui l’option la plus économique pour électrifier de nombreuses communautés isolées du pays.
Au-delà de l’accès à l’énergie, le Lesotho cherche également à renforcer sa sécurité énergétique. Le pays dispose actuellement d’une capacité de production installée d’environ 104,7 mégawatts, alors que la demande de pointe atteint près de 209 mégawatts. Cette situation oblige les autorités à importer près de la moitié de l’électricité consommée, principalement auprès de l’Afrique du Sud et du Mozambique.
Face à cette dépendance, le gouvernement entend développer davantage les énergies renouvelables, notamment le solaire, l’hydroélectricité et l’éolien. Ces investissements devraient non seulement améliorer l’accès à l’électricité, mais également renforcer l’autonomie énergétique du pays et soutenir une croissance économique plus durable au cours des prochaines années.
À travers le projet ASCENT-Lesotho, le pays confirme ainsi sa volonté de faire de l’énergie un moteur de développement inclusif, tout en répondant aux défis de la transition énergétique et de la résilience face aux besoins croissants de sa population.